RÉFLEXIONS pour He 2:10-18
En poursuivant la discussion sur le salut, sur le Messie et sur les anges, l’auteur de l’épître attire l’attention sur un point essentiel à cet égard. Il parle du Messie comme d’un Homme qui peut aider les hommes précisément parce qu’il est lui-même Homme.
Le monde des anges est remarquable à sa manière, et les anges surpassent les hommes dans leur état actuel parce qu’ils ne sont pas tombés (il s’agit, bien entendu, des anges restés fidèles à Dieu, et non des esprits déchus). Mais malgré tout cela, les anges et les hommes appartiennent, en un certain sens, à des couches différentes de la réalité. Les anges et les hommes ont été créés dès l’origine de manière différente ; leur interaction a été pensée par Dieu dès le commencement comme l’interaction d’êtres certes spirituels, mais existant chacun à sa manière et dans des formes qui lui sont propres.
Un ange peut transmettre à l’homme le message de Dieu (le mot grec « ange », comme le mot hébreu qui lui correspond, signifie proprement « messager »), mais il ne peut pas aider l’homme dans la situation où celui-ci s’est trouvé après la chute. Il ne le peut pas, en particulier, parce que l’homme est un être à la fois spirituel et naturel, en qui les deux composantes sont unies d’une manière tout à fait particulière, unique aussi bien dans le monde spirituel que dans le monde naturel.
Bien entendu, on ne peut pas exclure par principe l’apparition dans le monde de la plénitude de Dieu contenue dans les limites de la nature angélique (dans la mesure où l’on peut parler de nature à propos des anges). À Dieu tout est possible. Mais pour l’homme, une telle plénitude resterait de toute façon inaccessible ; elle serait peut-être perceptible pour lui d’une certaine manière, mais en tout cas elle demeurerait séparée de lui, de sorte que l’homme ne pourrait jamais devenir chez lui dans le Royaume, ne pourrait jamais en être un véritable habitant. Seul un autre Homme pouvait faire cela pour l’homme, un Homme ayant contenu en lui la plénitude de Dieu et, en même temps, absolument « des nôtres » par nature pour tout homme.
Tellement « des nôtres » que même la possibilité de la mort était pour lui pleinement réelle (pour un ange, la mort au sens humain du mot est impossible par principe). Et le Messie est devenu précisément un tel « proche » pour chacun, ne se distinguant des hommes déchus que par l’absence de corruption de sa nature humaine. Mais ce « que » a précisément rendu possible pour lui l’accueil de la plénitude de Dieu et son union avec son humanité. Et donc cela a rendu possible le salut, ouvrant à ceux qui cherchent la route du Royaume.
