RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Mt 14:13-21

Il ne rejette aucun de ceux qui se tournent vers le Christ. Bien plus, le Christ n'exige même pas que ceux qui viennent à Lui comprennent déjà le sens de Sa venue; Il voit parfaitement que les hommes demandent la satisfaction de leurs besoins quotidiens. Mais le fait que le peuple soit prêt à Le suivre même dans le désert montre que ceux qui L'écoutent sont prêts à recevoir de Lui quelque chose de plus que l'allègement des conditions de l'existence terrestre. Ainsi, à partir de ce qui est petit et terrestre, commence le chemin spirituel qui mène au but céleste.

Remarquons que tout cela se passe dans des jours troublés, peu après l'exécution de Jean, quand on ne savait pas à quoi s'attendre de la part d'Hérode. Le désir du Christ de passer ces jours-là dans la solitude est tout à fait naturel; il rappelle, comme un écho lointain, la solitude de Gethsémani. Mais cette fois, la foule s'est précipitée derrière le Christ, ce qui augmente le risque de provocations aussi bien de la part d'Hérode que des Romains.

Cependant, malgré tous les dangers, Jésus ne renvoie personne. Bien plus, de Sa propre initiative, Il guérit les malades. L'évangéliste note qu'Il eut compassion d'eux. Ajoutons seulement que c'est pour cela qu'Il est venu vers nous et qu'Il est monté au Golgotha: parce qu'Il a eu compassion de nous tous.

En prenant soin des hommes, le Christ ne veut pas les envoyer chercher de la nourriture dans les villages des environs. Essayons seulement d'imaginer ce qui aurait pu arriver si des foules affamées s'étaient ruées vers le pain à la tombée de la nuit... Ainsi, ce n'est pas seulement de la faim, mais aussi de beaucoup d'autres ennuis qu'Il a délivré les hommes lorsqu'Il a proposé aux apôtres de les nourrir. Il aurait pu créer Lui-même quelque nourriture, mais il Lui importe que les disciples y participent. Remarquons que le pain trouvé par les disciples, après la bénédiction, Il le rompit et le donna précisément aux disciples, et ceux-ci au peuple.

Ce n'est pas par hasard, sans doute, que l'évangéliste note que Jésus, avant le début du repas, leva les yeux vers le ciel. La bénédiction du pain qu'Il accomplit, pain mangé devant la face du Père céleste, nous fait penser à l'Eucharistie, au fait que lors de la Cène Il appellera le pain Son Corps. Il existe l'hypothèse que, lors de la multiplication, le pain était transmis de main en main comme c'était l'usage dans le repas juif. Celui qui était assis à la tête du repas rompait un morceau du grand pain et donnait les deux parties à son voisin; celui-ci prenait le petit morceau et, en rompant pour le suivant, lui transmettait celui-ci avec le grand pain. Dans ce cas, les pains se multipliaient dans les mains de ceux qui mangeaient, et tous devenaient participants à l'accomplissement du miracle. Ainsi le Seigneur veut-Il nous voir comme Ses collaborateurs.