RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Col 1:24-2:7

En poursuivant son propos sur le christianisme et la vie chrétienne, Paul passe au thème de son propre ministère, dont il voit le sens dans le fait qu'en lui la parole de Dieu a été accomplie (v. 24-29). En parlant d'«accomplissement», l'apôtre entend manifestement le sens premier du mot grec correspondant, qui supposait l'«accomplissement» comme complément, comme conduite à la plénitude de ce qui n'était pas encore parvenu à la plénitude.

Par là, Paul attire l'attention des destinataires de son épître sur la tâche double qui se tient devant l'Église dans notre monde en cours de transfiguration, mais pas encore transfiguré jusqu'au bout, en l'appliquant au ministère concret de chrétiens particuliers. D'une part, le ministère de tout chrétien suppose son propre enracinement dans la vie du Royaume, ce qui, bien sûr, est impensable sans la transfiguration de sa nature humaine. Pour une telle transfiguration, l'action directe de Dieu sur cette nature est nécessaire, et l'apôtre ne parle certainement pas par hasard de la puissance de Dieu qui agit en lui comme en quiconque accomplit l'oeuvre de Dieu (v. 29): car il est impossible d'accomplir l'oeuvre de Dieu par les seules forces humaines; l'intervention directe de Celui qui a confié cette oeuvre à Son serviteur est nécessaire.

D'autre part, le ministère du serviteur ne se réduit pas à l'exécution d'une tâche concrète, quand bien même cette tâche serait une mission directement donnée par Dieu. Il est directement lié à la plénitude du Royaume, vers laquelle tend tout chrétien. Et tout ministère, s'il demeure bien jusqu'au bout l'oeuvre de Dieu, devient non seulement un pas du serviteur vers cette plénitude, mais aussi l'avènement de la plénitude du Royaume à travers un ministère concret, plénitude qui s'y manifeste comme dans toute oeuvre de Dieu. Les souffrances mêmes de l'apôtre ne sont donc plus simplement des souffrances pour le Christ; elles en sont le prolongement, de même que l'existence de l'Église dans notre monde pas encore transfiguré jusqu'au bout est le prolongement, en lui, de cette histoire du Royaume qui a commencé avec la venue du Sauveur dans le monde et s'est poursuivie par Sa mort sur la croix et Sa résurrection.

C'est pourquoi Paul parle de la consolation que les nouvelles de ses souffrances devaient apporter aux destinataires de son épître (v. 1-3): elles signifiaient non seulement la fidélité de l'apôtre lui-même à son ministère, mais aussi que le Royaume grandit, et que le jour de son plein triomphe et du retour du Sauveur approche: nouvelle véritablement joyeuse pour tout chrétien.