RÉFLEXIONS pour Is 22:1-25
Dans la vision prophétique surgissent devant nous les images de Jérusalem en train de subir la défaite. Elles sont remplies de détails saisissants de la vie de la ville condamnée ; nous voyons le tableau réel de ce qui devait seulement arriver encore, et nous ne doutons pas que bientôt tout se soit passé exactement ainsi. Mais voici qu’apparaît dans le texte le nom de Cyrus, qui vainquit Babylone plusieurs siècles plus tard, et nous nous demandons : qu’est-ce donc, une prophétie accomplie à la lettre ou une couche venue d’une tout autre époque ?
Si l’on veut, on peut expliquer l’apparition du nom du roi perse d’une autre époque par une insertion postérieure et s’en tenir là. Mais réfléchissons plutôt au sens que possède ici la mention de ce nom. On a l’impression qu’aux yeux du narrateur la défaite de Jérusalem et celle de Babylone se confondent, et que le prophète assimile la chute prochaine de la Ville sainte, souillée par les péchés de ses habitants, à la défaite de la ville-bastion du paganisme. Et de fait, les habitants assiégés de Jérusalem se conduisent de manière tout à fait païenne. Le Seigneur leur propose de se repentir et de changer leur manière de vivre, mais au lieu de cela nous voyons un festin en temps de quasi-peste. L’impiété se manifeste dans l’adhésion au principe : mangeons et buvons, car demain nous mourrons.
Mais le Seigneur propose la vie. Ceux qui se préparent à mourir en tirant des derniers jours terrestres le maximum de plaisir ont déjà rejeté la vie.
