RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Is 11:1-12:6

Le Sauveur à venir se présente à première vue comme un juge redoutable, qui châtie les pécheurs, ce qui paraît confirmé par les paroles disant qu'Il fera mourir le méchant. Mais ensuite nous lisons que le loup couchera avec l'agneau et que le lion mangera de la paille. Cela signifie que la cruauté et les moeurs prédatrices ne régneront plus, non seulement dans la société humaine, mais aussi dans la nature. Or, si même pour protéger les agneaux il ne sera plus nécessaire de recourir à la violence, pourquoi alors tuer l'homme méchant?

Manifestement, ces paroles ne se rapportent tout de même pas aux hommes pécheurs qui se trouvent sous le pouvoir du mal, mais à l'inspirateur du mal, l'antique tentateur, qui pousse les hommes au péché dans l'espoir d'asservir leurs âmes. Alors les paroles sur la victoire remportée sur lui par le souffle des lèvres du Sauveur doivent être comprises comme une prophétie de la victoire définitive du Seigneur sur tout mal, victoire qui doit advenir à la fin des temps.

On peut avoir l'impression que la prophétie unit des événements différents: la victoire définitive sur le mal et la délivrance plus proche du peuple de la captivité. Mais il n'y a ici, sans doute, aucune contradiction, et les tableaux joyeux de la libération du peuple de ses oppresseurs étrangers apparaissaient à Isaïe comme une préfiguration de la victoire à venir de la vérité et de la justice pour tous les peuples. Car tout bien authentique est une parcelle de ce grand bien qui vient du Seigneur et qui, à la fin, doit triompher.