RÉFLEXIONS pour Mt 8:5-13
Il est bon de lire le récit de l'évangéliste Matthieu sur la guérison du serviteur du centurion en parallèle avec le premier chapitre de la Genèse, le premier chapitre de l'Évangile selon Jean et quelques Psaumes. Ils parlent de la création accomplie par la volonté et la parole de Dieu. « Car Il dit, et la chose arrive ; Il ordonne, et elle existe », dit Ps 32:9. C'est précisément ainsi que s'accomplit la guérison du serviteur du centurion, et c'est précisément une telle manifestation de la volonté du Christ que le centurion attend de Lui.
Il est frappant qu'il ne dise même pas au Seigneur Jésus : « viens et guéris ». Dans l'esprit des meilleurs hommes de l'Ancien Testament, il présente simplement à Jésus le fait même de la maladie de son serviteur, et c'est tout. C'est pourquoi, lorsque le Seigneur dit au centurion : « Je viendrai et je le guérirai », le centurion éprouve quelque chose de semblable aux sentiments de l'apôtre Pierre lors de la pêche miraculeuse dans la mer de Galilée. Pierre éprouva crainte et trouble, disant : « éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ». Et le centurion aussi, voyant les yeux de Jésus, dit dans le trouble et le respect : « Seigneur, je ne suis pas digne que Tu entres sous mon toit ».
Les paroles du centurion, « mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri », sont elles aussi, dans une certaine mesure, comparables aux paroles de l'apôtre Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », parce que le centurion y met sa confession de foi. Il voit en Jésus Celui qui commande et crée le monde par Sa parole. C'est précisément cette confession que le Seigneur approuve en disant : « même en Israël, Je n'ai pas trouvé une telle foi ».
Voilà pourquoi saint Jean Chrysostome reprend les paroles du centurion dans l'une des prières avant la communion, et chez beaucoup de chrétiens elles sont devenues directement une prière avant la communion : « Seigneur, je ne suis pas digne que Tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole, et mon âme sera guérie ».
