RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Is 49:1-6

Le prophète parle de son appel et de son ministère prophétique comme de quelque chose que Dieu avait conçu avant même sa naissance. Il n’est pas étonnant que, dans la tradition chrétienne, ce témoignage d’Isaïe sur lui-même ait pris une résonance messianique : il n’était pas difficile de rapprocher les paroles du prophète aussi bien de ce que Jésus dit Lui-même de Lui-même que de ce que d’autres prophètes disent du Messie, et avant tout Isaïe de Jérusalem.

Une loi importante de la vie spirituelle se reflète ici. La vie spirituelle est un système de relations qui relie l’homme à Dieu et aux autres hommes. De telles relations forment une sorte de tissu spirituel à l’intérieur duquel l’homme vit sa vie spirituelle. Une vie qui, comme toute vie, transforme celui qui en vit. Et qui, toujours et dans tous les cas, représente un processus dirigé par Dieu. La seule question est de savoir dans quelle mesure Dieu participe à ce processus.

Dans quelle mesure Il entre dans la vie spirituelle de l’homme, et dans quelle mesure Il la gouverne de l’extérieur. Tout dépend alors de l’homme lui-même. Ce n’est pas par hasard qu’il est si souvent dit que l’homme, s’il veut la communion avec Dieu, doit lui-même laisser Dieu entrer dans sa vie. Ce n’est pas une allégorie, mais une vérité tout à fait concrète de la vie spirituelle. Toute la question est de savoir si Dieu gouvernera notre vie de l’extérieur, ne la touchant que comme une force extérieure par rapport à elle, ou si notre vie deviendra une partie de Sa vie. Aussi choquant que cela puisse paraître, il s’agit précisément d’une telle incorporation. Bien sûr, Dieu n’a pas besoin de notre vie en elle-même ; Il peut parfaitement se passer de nous. Mais Il nous aime, et tout est là.

Il comprend que c’est nous qui avons besoin de Sa vie. Et Il est prêt à la partager avec nous. Mais si nous commençons à vivre une vie commune avec Dieu, il apparaît alors que nous devenons partie intégrante de quelque chose qui a été conçu et a commencé à se réaliser bien avant notre venue au monde. Et plus la composante divine est grande dans notre vie commune avec Dieu, plus y prédomine quelque chose de suprahumain. Quelque chose qui, sans pouvoir tenir entièrement dans les limites de la nature humaine, s’unit pourtant à elle et détermine son existence.

Ainsi Dieu entre dans l’homme et dans la vie humaine. Il n’est pas étonnant que tout ce qui vient d’être dit ait pu s’appliquer d’abord au Christ : en Lui, cette entrée est parvenue à son accomplissement, à sa plénitude. Mais tout homme, pour autant qu’il laisse Dieu entrer dans sa vie, participe lui aussi à ce processus. Dans la mesure où il le peut contenir. Et Isaïe, comme tout prophète, ne fait pas exception. Comme tous les autres prophètes, il ne fait qu’anticiper ce qui sera manifesté au monde en plénitude dans le Christ.