RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 2Co 5:1-10

Pour l'apôtre, la vie chrétienne est une dans toute sa plénitude et à toutes ses étapes. Avant la venue du Christ, la vie de tout homme se divisait nettement en «avant» et «après», en vie et en après-mort, qu'on ne pouvait appeler vie au plein sens du terme, même avec le regard le plus optimiste. Pour la plupart, l'après-mort signifiait le monde des ombres, où il n'y a pas de vie, mais seulement son apparence, où l'homme se change en sa propre ombre, oubliant la vie terrestre et perdant presque la conscience de sa propre existence.

Il existait certes des visions moins pessimistes de l'après-mort, qui supposaient l'immortalité de l'âme et la rétribution après la mort, mais il s'agissait tout de même seulement de l'âme, non de l'homme tout entier. Paul, lui, parle d'autre chose. Il ne part pas de l'espérance en l'immortalité de l'âme, mais de l'attente de la résurrection de l'homme tout entier, complètement et pleinement. Et pour lui, ce processus est déjà devenu réalité avec le Royaume entré dans le monde.

Pour l'homme qui vit de la vie du Royaume, la différence entre «avant» et «après», si elle ne disparaît pas tout à fait, cesse d'être essentielle. La vie du Royaume est une, et l'homme qui y participe n'est déjà plus soumis à la mort sous la forme où elle existe dans le monde déchu. Certes, puisque le Royaume n'est pas encore entré dans le monde jusqu'au bout, l'homme ne peut pas être entièrement libre de la mort. Cela concerne d'abord le corps physique, qui, dans son état déchu, peut devenir un obstacle entre l'homme et Dieu.

Cela n'avait pas été voulu ainsi: Dieu a créé l'homme pour qu'il puisse demeurer avec Lui dans la plénitude de la communion. Mais après la chute, tout est devenu différent, et cette corporéité qui était auparavant le lieu de la rencontre entre l'homme et Dieu est devenue maintenant un obstacle qui sépare l'homme de Dieu. Un obstacle, certes, surmontable, mais assez visible pour qu'il soit impossible de l'ignorer. C'est pourquoi l'apôtre dit que la plénitude de la communion avec Dieu suppose la libération du corps dans son état actuel, non au sens d'un abandon complet du corps, mais au sens de sa transfiguration, d'un changement de sa nature tel qu'il n'entrave plus la communion avec Dieu, mais au contraire la favorise.

Quoi qu'il en soit, cette communion avec Dieu ne commence pas quelque part dans un autre monde ni un jour après la mort, mais ici et maintenant. La première étape du chemin vers le Royaume commence quand l'homme décide de suivre le Christ et entre dans l'Église. Et dès cette première étape, il se décide bien plus de choses qu'on ne pourrait le croire en regardant l'homme déchu.

À la première étape se détermine ce que seront les étapes suivantes, sinon entièrement, du moins en grande partie. C'est Dieu qui prépare à l'homme la demeure céleste; mais le vêtement que portera l'homme lorsqu'il se trouvera au seuil de cette demeure, il se le prépare lui-même pendant sa vie terrestre. La vie dans le Royaume commence ici et maintenant, et c'est ici et maintenant que se décide ce que nous deviendrons ensuite, à l'étape suivante de notre chemin. Voilà ce que l'apôtre rappelle aux lecteurs de sa lettre.