RÉFLEXIONS pour Ap 22:14
Dans l'imagerie du livre de l'Apocalypse se rencontrent de nombreux éléments traditionnels de la tradition prophétique visionnaire. Parmi ces éléments se trouve aussi l'image de la Jérusalem céleste, apparue pour la première fois dans les prédications de l'Isaïe de Babylone et fixée par écrit dans la seconde partie du livre d'Isaïe.
Cette image est liée à la représentation traditionnelle, encore préexilique, du Royaume comme d'un État terrestre ayant sa capitale à Jérusalem. Bien sûr, le Messie, qui, selon la tradition prophétique préexilique, devait devenir le chef de cet État, y établirait, comme on s'y attendait, des lois entièrement conformes à la Torah. Et le droit d'y demeurer, ce qui n'a rien d'étonnant, ne serait accordé qu'à ceux qui étaient prêts et d'accord pour observer les lois établies.
Certes, dans de telles représentations du Royaume, il y a encore beaucoup de terrestre, d'humain. Mais le rôle de la Torah et des commandements donnés par Dieu pour la vie dans le Royaume y est reflété de façon tout à fait adéquate. Autre chose est que le Royaume lui-même s'est révélé ne pas être tel qu'on s'attendait à le voir à l'époque préexilique, lorsque beaucoup le percevaient encore précisément comme un État terrestre. À l'époque postexilique, en grande partie grâce à la prédication de l'Isaïe de Babylone, les représentations du Royaume commencèrent à changer, bien que même aux temps évangéliques, dans la conscience collective, elles soient restées pour beaucoup telles qu'elles étaient à l'époque préexilique.
Et pourtant, sinon à tous, du moins à certains, il devint clair ce que Jésus avait en vue lorsqu'il disait que son Royaume «n'est pas de ce monde». Mais cela ne dispensait évidemment pas ceux qui cherchaient le Royaume d'observer la Torah: simplement, il fallait désormais parler non plus seulement, ni même surtout, de la Torah extérieure, de la législation et des normes et règles religieuses, mais de la Torah intérieure, qui, pour l'homme vivant d'une vie spirituelle, devient non pas simplement un code moral, mais un axe spirituel rendant l'observance des commandements tout à fait organique. Et c'est seulement dans ce cas, comme on le voit, que s'ouvre au chercheur du Royaume la route directe vers le but.
