RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Mc 12:1-12

En réfléchissant à la parabole des vignerons mauvais, il vaut la peine de se tourner vers le texte du prophète Isaïe, qui est devenu pour le Seigneur une métaphore qui, étant compréhensible pour tous, permet de la remplir d'un sens nouveau. Et de répondre aux questions qu'elle-même laisse sans réponse.

Quelles sont donc ces questions ? Rappelons qu'il s'agit du début du chapitre 5. Le prophète raconte la plantation d'une vigne avec des ceps choisis. Il lui importe beaucoup de souligner que la colline était fertile, les ceps choisis, et que le Seigneur avait débarrassé la terre des pierres. C'est-à-dire que toutes les conditions étaient réunies. Mais au lieu de raisin, des baies sauvages. Cette rupture de sens inattendue, car nous comprenons que cela n'arrive pas dans la nature, qui transforme le récit en une sorte de parabole, est le nerf central de tout le texte d'Isaïe, ramené à la question : pourquoi ? « Qu'y avait-il encore à faire pour Ma vigne que Je n'aie pas fait pour elle ? Pourquoi, quand J'attendais qu'elle donne de bons raisins, a-t-elle donné des baies sauvages ? » (Is 5,4)

Cette question, pleine d'une douleur intérieure inexprimable, reste sans réponse. Et c'est précisément à cette question que répond le Christ. Non. Il n'y avait pas de baies sauvages. Il y avait une bonne récolte de raisin. Mais celui à qui l'on avait fait confiance pour la recueillir s'est révélé indigne de cette confiance. La rupture de sens est écartée et la parabole accède à un niveau métaphysique tout à fait différent.