RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 1Co 12:12-31

Poursuivant son propos sur les ministères et les dons, Paul recourt à l’image de l’Église comme corps du Christ, image qu’il utilise souvent dans ses épîtres. L’origine de cette image est liée aux représentations juives traditionnelles du peuple hébreu comme un unique corps spirituel sanctifié par la présence de Dieu demeurant dans le Temple de Jérusalem. L’apôtre transpose cette représentation à l’Église comme reste messianique du peuple de Dieu, sanctifié de la même manière par la présence du Christ ressuscité dans les assemblées ecclésiales.

Et quiconque appartient à l’Église est une partie du corps du Christ, de cette unité spirituelle qui permet au Royaume de demeurer dans notre monde et de le transfigurer. Mais, dans ce cas, l’Église ne peut pas simplement fonctionner comme fonctionnent dans notre monde les organisations les plus diverses, y compris religieuses. L’unique tâche de l’Église est de demeurer dans le monde et de manifester au monde le Royaume; toute activité ecclésiale n’est que formes et moyens de résoudre cette tâche principale.

C’est précisément pourquoi l’importance de chaque membre de l’Église ne peut pas être mesurée à la fonction qu’il accomplit au sens de l’activité extérieure. La logique de ce monde suggère que, dans chaque organisation, les plus importants et les plus précieux sont ceux qui accomplissent les tâches les plus importantes. Le directeur est plus important que la femme de ménage, mais il peut parfois arriver que le savant soit plus important que le directeur.

Quoi qu’il en soit, la femme de ménage ne peut en aucun cas prétendre à la place la plus importante. Pour l’Église, une telle logique est inacceptable. Inacceptable pour deux raisons. Premièrement, la plénitude de la vie dans le Royaume d’une personne concrète est, en règle générale, peu liée à la fonction qu’elle remplit dans ce monde.

Il peut très bien se trouver que la femme de ménage devance le directeur à cet égard : sa vie spirituelle peut être plus pleine et plus intense, et le travail de nettoyage des locaux ne peut en rien empêcher une telle plénitude. Alors il se révélera que, pour l’Église et son témoignage, la femme de ménage fait plus que le directeur. Deuxièmement, pour l’Église, chaque personne est absolument importante.

Car l’unique but de l’Église est d’ouvrir le chemin du Royaume au plus grand nombre possible de personnes. Quel ministère elles porteront dans l’Église lorsqu’elles y entreront est une question secondaire. Au bout du compte, le ministère pour le chrétien n’est qu’un moyen et une forme de manifestation de sa propre vie spirituelle. L’essentiel, c’est cette vie elle-même. Et ici, on ne peut dire à personne qu’il n’est pas nécessaire ou important pour l’Église. Si l’homme est fidèle au Christ et vit de la vie du Royaume, cela signifie que l’Église a besoin de lui, et sans lui l’Église sera incomplète. C’est précisément ce que Paul nous rappelle.