RÉFLEXIONS pour Jn 5:42-44
Les paroles du Christ disant que ceux qui ne Le reçoivent pas, Lui venu au nom du Père, le vrai Dieu, recevront un autre, sont souvent interprétées en ce sens que toutes les religions, en dehors des chrétiennes, viennent du diable. Puisqu'ils ne reçoivent pas le Christ, dit-on, ils ont donc reçu « un autre », et cet « autre » ne peut être que l'adversaire du Christ. Pourtant Jésus Lui-même ne parle pas du tout d'une reconnaissance ou d'une non-reconnaissance formelle de Sa personne. Conduire à Sa suite n'est pas pour Lui une fin en soi. Le but est de conduire plus loin : vers le Père. Mais on ne peut y parvenir que par Lui, avec Son aide, en participant à la plénitude de Sa vie.
Peu Lui importe ce que les gens pensent de Lui : Il veut seulement que tous soient sauvés. Mais pour cela, les déclarations ne suffisent pas. Il faut un travail spirituel. Il ne crée pas une nouvelle religion pour laquelle Il chercherait des adeptes. Sa tâche est de faire en sorte que celui qui a commencé ici son chemin vers le Royaume puisse l'achever, en allant jusqu'au bout. Et entrer dans le Royaume, y trouvant le salut. La question de la fidélité au Christ n'est ni religieuse ni doctrinale. C'est la question de la fidélité à Dieu et à Son Royaume.
Une fidélité intérieure avant tout. « Vous ne Me croyez pas parce que la parole de Dieu n'est pas en vous ». Ici, bien sûr, il ne s'agit pas de connaître les textes sacrés. « Vous n'avez ni entendu ni vu Mon Père ». Voilà la réponse à toutes les questions. Il ne s'agit pas de savoir où et quand l'homme est né, à quelle tradition culturelle et religieuse il appartient, quels textes sacrés il a lus. Il s'agit seulement de savoir s'il lui est arrivé au moins une fois dans sa vie de rencontrer le Dieu vivant.
Non pas les descriptions de Dieu que l'on peut trouver en abondance dans la littérature religieuse et dans les livres sacrés, mais Dieu Lui-même. Si cela lui est arrivé, le Christ était présent, que celui qui vivait cette rencontre ait su ou non Sa présence. Et si la rencontre a changé la vie de celui qui l'a vécue, si l'homme, après elle, a sérieusement réfléchi à la vie spirituelle et au chemin spirituel, le Christ n'abandonnera pas un tel homme. Mais si l'homme n'a pas besoin de la vie spirituelle, si elle se réduit pour lui à une vie religieuse, il ne verra pas le Messie.
Même en étant un Juif orthodoxe. Ou un orthodoxe, un catholique ou un protestant parfaitement orthodoxe. Car des notions justes sur Dieu et sur le Christ ne garantissent pas encore une communion réelle avec Dieu et avec le Christ. Et la connaissance des textes corrects, par exemple le Pentateuque de Moïse, ne fera alors que conduire à ce que l'auteur de ces textes devienne, au jour du Jugement, témoin à charge. Car à qui a plus connu, il sera plus demandé.
