RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour 1Co 7:25-40

Revenant de nouveau au thème du mariage et du célibat, Paul dit directement qu'il n'a pas de solution univoque à ce problème : il n'a manifestement pas reçu de révélation de Dieu qui lui aurait permis de donner une réponse déterminée, et il doit donc se limiter à sa propre expérience de serviteur du Christ (v. 25). Or l'expérience personnelle de l'apôtre était, comme on le sait, précisément celle du célibat, qu'il partage avec ses lecteurs. En réfléchissant au chemin du célibat, l'apôtre part de ce que le Sauveur avait manifestement en vue lorsqu'Il parlait du Royaume des cieux qui s'était « approché ». Pour Paul, il était évident que nous vivons justement dans ces derniers temps dont parlaient les grands prophètes d'Israël ; c'est pourquoi il considère comme idéal, pour la vie spirituelle, un état de l'homme qui ne l'attacherait en rien à la vie du monde pas encore pleinement transfiguré ni à ses lois (v. 29-35).

L'apôtre comprend parfaitement ce qu'est la vie familiale réelle, qui, dans le monde déchu, s'accompagne dans tous les cas de soucis quotidiens et matériels que l'on pourrait éviter dans une autre situation. Il n'y a pas de péché dans la vie familiale, mais dans notre monde qui n'est pas encore pleinement transfiguré, elle peut devenir une source non seulement de joie, mais aussi de souffrances ; Paul invite ceux qui désirent une vie familiale à ne pas fermer les yeux sur ce fait évident (v. 28). C'est pourquoi l'apôtre propose à chacun de demeurer dans la situation familiale où il s'est trouvé (v. 26-27). Pour lui, l'important est seulement que le mariage comme le célibat ne soient pas un hasard, mais un choix conscient de celui qui se décide pour l'un ou l'autre chemin (v. 36-40).

Nul n'est obligé ni au mariage ni au célibat s'il ne sent pas là sa vocation. Mais, une fois décidés au mariage, les futurs époux se trouveront un jour inévitablement devant le choix dont Paul parle très clairement : accomplir la volonté de Dieu (« plaire à Dieu ») ou lui préférer leur propre confort (« plaire au mari », « plaire à la femme »). C'est apparemment précisément ce moment que l'apôtre a en vue lorsqu'il parle des souffrances inévitables dans la vie familiale, s'il s'agit d'une famille chrétienne : car le choix de la volonté de Dieu dans une telle situation entraîne souvent, au minimum, de l'inconfort. Mais, tout en avertissant des difficultés, Paul ne détourne pourtant personne de la vie familiale et ne tente pas de prédéterminer le choix de quiconque : chacun parcourt lui-même le chemin vers le Royaume, et seul celui qui marche est libre de choisir son compagnon de vie sur ce chemin.