RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Ac 3:11-26

Expliquant la guérison accomplie, Pierre revient de nouveau à ce dont il avait déjà parlé le jour de la Pentecôte. Il désigne encore Jésus comme le Messie glorifié par Dieu. Et il relie tout ce qui arrive à cette glorification. Il s'agit toujours de la même chose : du processus spirituel que nous appelons d'ordinaire le salut. Pour nous, pourtant, le salut apparaît souvent comme quelque chose de profondément personnel, qui nous touche, sinon exclusivement, du moins avant tout nous-mêmes. Bien sûr, nous comprenons que nous ne sommes pas les seuls à être sauvés ; mais nous voyons tout de même habituellement le salut comme une affaire individuelle. Or Pierre et les autres apôtres le considéraient comme un processus universel, cosmique. Il inclut d'abord le peuple de Dieu, puis toute l'humanité.

Tous les prophètes désignent le Messie, et celui qui écoute les prophètes ne peut pas ne pas reconnaître le Messie : telle est la pensée de l'apôtre. Mais les prophètes parlaient de ce que Dieu leur révélait ; et s'il leur révélait quelque chose qui forme un tableau cohérent, au centre duquel se trouve le Messie, alors nos relations avec le Messie, avec le Christ, ne sont pas seulement notre affaire personnelle et ne nous concernent pas seuls. Elles font partie du plan de Dieu et sont l'un des éléments de sa réalisation.

Nous pouvons, bien sûr, ignorer tout ce qui concerne le Christ et le Royaume ; mais si nous voulons y participer, il faut prendre conscience que nous ne participons pas à une expérience dont le résultat ne concernerait que nous. Le Royaume entre dans le monde, et notre salut est lié à ce mouvement. Quant à savoir si nous sommes sauvés ou non, cela ne sera connu que lorsque le Royaume se manifestera en plénitude, à la fin des temps. Mais ce ne sont pas des peuples ou des collectivités qui sont sauvés, ce sont des personnes concrètes.

Le processus du salut est réellement universel, mais chacun y participe personnellement. C'est pourquoi l'apôtre parle du meurtre du Christ en disant que ceux qui l'écoutent l'ont fait « par ignorance ». Bien sûr, dans toute société il y a toujours des personnes qui agissent en pleine conscience ; leur faute n'est pas levée, du moins jusqu'au repentir. Mais dans chaque société il y a aussi ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe et participent aux événements sans en saisir le sens et la portée, en suivant la majorité.

Là encore, bien sûr, il y a un choix, mais souvent sans comprendre exactement ce qui est choisi. Dans ce cas, le repentir est lui aussi nécessaire, mais non pour un péché conscient comme chez ceux qui comprennent tout jusqu'au bout. Pourtant, sans repentir pour le péché inconscient ou, plus exactement, pour le péché du refus de prendre conscience, c'est impossible : car la vie dans le Royaume exige une pleine conscience de toute la vie et de tous les actes. Et donc la plénitude de la responsabilité, sans laquelle on n'entre pas dans le Royaume.