RÉFLEXIONS pour Исх 40:1-38
L'achèvement de la construction de la Demeure fut marqué par la manifestation au-dessus d'elle de la présence de Dieu. Plus tard, déjà dans le milieu sacerdotal, on l'appellera « la gloire de Yahvé » (dans la traduction russe, en général, « la gloire du Seigneur »). Ici, elle est simplement décrite telle qu'on la voyait — peut-être pas tous, mais en tout cas beaucoup : autrement le Livre de l'Exode n'en parlerait pas avec une telle assurance. C'est la même Présence qui s'était révélée pour la première fois à Moïse au Sinaï, lorsqu'il gardait les brebis de son beau-père.
Moïse la vit sous la forme d'une nuée lumineuse descendue sur le buisson ; ici aussi il y a une nuée, bien que son éclat, d'après la description, soit surtout visible la nuit, tandis que le jour elle apparaît précisément comme une nuée, une légère brume. Quoi qu'il en soit, il s'agit d'une Présence visible, de quelque chose par quoi Dieu lui-même désigne sur la terre le lieu qu'il a choisi. C'est là, en ce lieu, que devront venir ceux qui veulent le rencontrer face à face. Bien sûr, il ne s'agit pas de dire que Dieu serait lumière ou quelque rayonnement que ce soit. La présence de Dieu n'est ni un phénomène physique ni un phénomène psychique, même si, sans notre nature physique et psychique, nous ne verrions rien du tout.
Il s'agit ici de la volonté de Dieu, celle-là même qui a créé le monde et l'homme, puis a formé le peuple de Dieu et l'a fait sortir d'Égypte. L'Esprit n'a ni couleur, ni forme, ni nature ; c'est pourquoi Dieu tel qu'il est demeure invisible pour nous. Mais là où agit sa volonté, quelque chose de visible peut apparaître, si seulement il le veut. Or il veut la rencontre, il veut franchir l'abîme qui nous sépare de lui. Sa volonté est tendue vers ce franchissement. Elle est tournée vers le monde, et non seulement vers le monde, mais vers la part du monde où il veut créer un pont qui l'unisse à nous.
Cependant la volonté tournée vers la création engendre ce que nous percevons comme une forme, comme un objet, comme quelque chose. Comme une Présence. Une Présence derrière laquelle se tient une volonté, la volonté de Celui qui apprend à son peuple à marcher à sa suite. Ce n'est pas par hasard que le récit mentionne la manière dont les Hébreux avançaient dans le désert : lorsque la nuée se mettait en marche, ils se mettaient en marche eux aussi ; lorsqu'elle s'arrêtait, ils s'arrêtaient eux aussi. Se déplacer seulement avec Dieu et seulement à sa suite, tel est le chemin de l'Exode. Si l'on marche ainsi, Dieu sera visible, et la présence de Dieu deviendra une réalité.
