RÉFLEXIONS pour Ex 39:1-43
Toute œuvre de Dieu s'achève par une bénédiction. D'abord par celle de Dieu, mais aussi par une bénédiction humaine, en pensant surtout à l'homme qui répond de cette œuvre devant Dieu. Il en fut ainsi de la Tente : Moïse, après avoir examiné tout ce qui avait été fait, bénit ceux qui avaient accompli l'œuvre qui leur avait été confiée. Dans la pratique ecclésiale moderne, lorsque nous parlons d'une bénédiction humaine, nous entendons souvent une approbation ou une permission, respectivement après l'achèvement d'une affaire ou avant son commencement. C'est en partie vrai : il est impossible de bénir ce que l'on n'approuve pas en principe ou ce dont on est mécontent parce que cela n'a pas été fait comme il fallait. Cependant, une telle bénédiction ne signifie qu'une chose terrestre, purement humaine. Participation ou non-participation humaine. Approbation ou désapprobation humaine.
Mais véritablement, la bénédiction, du moins celle dont il est question dans la Bible, est toujours l'affaire de Dieu. Une question naturelle se pose alors : pourquoi Dieu Lui-même ne bénit-Il pas ce qui a été fait et les ouvriers, comme s'Il le confiait à Moïse ? Pourtant, le texte ne dit rien de la bénédiction de Dieu. Elle a dû avoir lieu, sinon Moïse, homme de Dieu, n'aurait guère osé bénir ce que Dieu ne bénit pas.
Simplement, il était important pour Dieu d'impliquer l'homme dans le processus de Sa bénédiction. Car la bénédiction, au sens premier du mot, signifie la transmission d'une force, ici la force de Dieu. Sa transmission à ceux qui accomplissent l'œuvre de Dieu. D'un côté, on regarde Moïse comme un chef, comme un guide spirituel, comme une sorte de médiateur entre Dieu et le peuple ; et s'il en est ainsi, c'est par lui que l'on reçoit la bénédiction de Dieu. Voilà comment le peuple voit la situation ; mais Dieu, Lui ?
Pour Dieu, impliquer l'homme, en l'occurrence Moïse, dans le processus de Sa bénédiction signifie l'inclure dans Son plan, et donc dans une relation avec Lui. Car le plan de Dieu est toujours, en réalité, divino-humain ; les hommes y participent assez activement et toujours librement. Ainsi la bénédiction donnée par l'intermédiaire d'un homme devient le témoignage que la participation de l'homme à la réalisation des desseins de Dieu n'est pas purement fonctionnelle. Un tel homme n'est pas seulement un instrument ; il est une partie du monde de Dieu, désormais inséparable de lui. Pour Dieu, l'essentiel, ce sont les relations ; les actes sont secondaires et en découlent.
