RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Ex 34:1-35

Après l’histoire du veau d’or, Dieu conclut avec Moïse une nouvelle alliance, comme renouvelant celle qui avait été conclue au Sinaï avec tout le peuple. Maintenant, c’est de nouveau une alliance avec Moïse, et l’on voit ici un certain retour en arrière. En effet, le sens de l’alliance du Sinaï consistait en grande partie précisément en ceci : que chacun établisse lui-même ses relations avec Dieu et en réponde lui-même.

Si cela avait été possible, si le peuple s’était décidé à vivre ainsi, toute son histoire à partir du Sinaï aurait été différente. En réalité, les choses se sont passées comme elles se sont passées : le peuple n’était pas prêt à une nouvelle qualité de relation avec Dieu, il n’a pas osé prendre la responsabilité sur lui, attendant de nouveau des miracles de ses chefs, et maintenant le renouvellement de l’alliance ne concerne plus qu’un seul chef, Moïse seul.

D’un autre côté, c’est précisément Moïse qui a supplié Dieu de poursuivre la réalisation de Son ancien plan, de ne pas abandonner le peuple, de ne pas en créer un nouveau à la place de l’ancien ; et maintenant, c’est à ce même Moïse qu’il revenait d’assumer la responsabilité du leadership dans la situation nouvelle et ancienne, dans une situation où il lui faudrait répondre seul du peuple, comme au temps d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il ne fallait pas attendre de maturité spirituelle de la part du peuple, du moins de cette génération sortie d’Égypte : personne ne la cherchait ni ne la voulait. Ce n’est pas un hasard si, lors du renouvellement de l’alliance et de la confirmation du pacte, tant d’attention est portée aux choses que nous percevons aujourd’hui comme rituelles.

Il y a ici le shabbat, certains moments liés au rachat des premiers-nés, dont il avait déjà été question en Égypte, et la nécessité de purifier absolument la terre que Dieu destinait à Son peuple des autels païens. En réalité, il n’y a pas ici seulement un aspect rituel, mais Dieu attire incontestablement l’attention de Moïse sur ce côté extérieur, rituel. Cela se comprend : le peuple a déjà montré que le côté extérieur, l’enveloppe religieuse de la vie spirituelle, tout ce qui touche au culte, au rite, au rituel, lui est absolument nécessaire.

Après l’histoire du veau, il est devenu clair que tout cela n’est pas simplement extrêmement important pour le peuple : sans cela, les ruptures spirituelles sont inévitables, et pour les éviter il faudra mettre un accent particulier sur l’observance des prescriptions rituelles et, plus généralement, sur le côté extérieur de la vie spirituelle, sur son enveloppe religieuse. Si tel est le cas, il faut distinguer les choses essentielles : le refus de participer aux cultes païens, l’observance stricte du shabbat, la consécration obligatoire à Dieu des premiers-nés. Ce n’est pas le meilleur commencement d’un chemin spirituel, mais que faire si le peuple n’est pas encore capable de davantage ?