RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Ac 17:1-15

Nous sommes habitués à penser que les prophètes ne peuvent être, pour l’essentiel, que de « bonnes personnes ». Il faut pourtant écouter l’Esprit du Seigneur, il faut être un homme de Dieu pour pouvoir transmettre Sa volonté, Ses paroles au monde. Mais parfois, des personnes qui s’opposent à Dieu deviennent prophètes « malgré elles ». Indépendamment de son orientation vers Dieu ou vers autre chose, l’homme entre de toute façon, d’une manière ou d’une autre, en contact avec le monde spirituel. Quelque chose lui est révélé, même s’il peut ne pas le remarquer lui-même. Et par ses paroles, il témoigne finalement en faveur de celui contre lequel il lutte peut-être même.

Aujourd’hui, nous avons même sous les yeux deux descriptions de telles personnes : le grand prêtre Caïphe et les persécuteurs des chrétiens à Thessalonique. Le premier, sans le savoir lui-même, a transmis l’essence même de ce pour quoi le Christ est venu : sauver tous les hommes par Sa mort. Les seconds appellent Paul et ses disciples « ceux qui bouleversent le monde entier », c’est-à-dire, en langage contemporain, ceux qui ont retourné le monde sens dessus dessous. Dans les deux situations, les persécuteurs donnent à leurs formules un sens exclusivement négatif.

Mais voilà précisément le point : le Christ comme Ses disciples ne sont pas de ce monde (voir Jn 8:23, 17:14). Et souvent, les positions du monde contredisent entièrement la position du Christ. C’est pourquoi ce qui, pour le monde, est mal, folie et scandale (voir 1 Co 1:23), peut se révéler pour lui-même le plus important et le plus salutaire.