RÉFLEXIONS pour Ex 30:1-38
À en juger par la description donnée dans le livre de l’Exode, il y avait dans la Demeure deux autels : l’un pour le sacrifice, l’autre pour l’encens (« la fumigation »). L’encens rappelait que les sacrifices accomplis dans la cour de la Demeure, et plus tard dans la cour du Temple, ne sont que le côté extérieur, une sorte d’enveloppe de ce qui se passe dans le monde spirituel, auprès de ce Trône céleste qui, avec le temps, se révélait de plus en plus souvent au peuple, devenant finalement indissociable du culte du Temple comme tel. Aucune rencontre avec Dieu dans notre monde ne serait possible si Dieu, par Sa volonté, n’était présent dans Sa création.
Il n’a pas simplement créé le monde un jour pour ensuite S’en écarter et le laisser à son sort ; Il est constamment présent dans Son monde, soutenant son existence par Sa volonté. Sa volonté touche la création, et le point de ce contact, le point de rencontre de Dieu avec le monde, nous est révélé comme ce Trône qu’ont vu les prophètes et les hymnographes dont nous trouvons les textes dans la Bible. Plus tard, on l’a appelé le Trône de gloire.
S’il n’existait pas, s’il n’y avait pas ce point de rencontre de Dieu avec le monde, il n’y aurait ni théophanies, ni présence de Dieu telle qu’elle s’est révélée à Moïse au Sinaï, puis au peuple dans la Demeure et dans le Temple, ni sacrifices, qui auraient alors perdu tout sens. En effet, les sacrifices existent comme un repas commun de Dieu avec les hommes, et un tel repas n’est possible qu’en lien avec la révélation de la présence de Dieu telle qu’elle se manifeste dans la Demeure et dans le Temple. Cela signifie que la communion avec Dieu comme telle serait elle aussi impossible.
On ne pourrait alors que réfléchir sur Dieu, peut-être essayer de s’approcher de Lui d’une certaine manière par des pratiques contemplatives et ascétiques ; mais tout cela, au fond, ne rapprocherait pas l’homme de Dieu, car l’abîme qui nous sépare de Lui ne peut être réellement, vraiment, et non de manière spéculative, franchi que de Son côté.
Voilà pourquoi l’encens et l’autel de l’encens devaient précisément rappeler à l’homme que tout ce qui se passe dans la cour de la Demeure ou du Temple n’est que la projection de ce qui se passe auprès du Trône, que l’homme ne peut atteindre. L’essentiel, la source et la cause de tout ce qui se passe auprès de l’autel terrestre, demeure caché derrière le voile, dont la fumée montant de l’autel de l’encens devient le symbole. Un rappel important pour tous ceux qui, peut-être, s’approchaient de l’autel sans la révérence nécessaire.
