RÉFLEXIONS pour Jn 8:31-42
Tous les Juifs se considèrent comme des « enfants d’Abraham », et tout Juif croyant est prêt à proclamer sa fidélité à Moïse. Il en était ainsi aux temps évangéliques, et auparavant, avant la venue du Christ dans le monde, et aujourd’hui encore rien n’a changé à cet égard dans la conscience juive. Mais Jésus paraît mettre en doute des choses évidentes pour tout Juif. Il parle d’esclavage, et on Lui répond que les enfants d’Abraham n’ont jamais été esclaves de personne.
Et il ne s’agit pas seulement du fait qu’Israël n’a effectivement jamais connu l’esclavage dans sa forme classique, gréco-romaine ou égyptienne, mais du fait que quiconque est fidèle au Dieu d’Abraham et à la Torah de Moïse est libre par définition. « Nous sommes enfants de Dieu, nous ne sommes pas des enfants de la débauche », disent à Jésus ceux qui L’écoutent. Et il ne s’agit pas du fait que la débauche aurait été inconnue d’Israël par principe (malheureusement, c’est loin d’être le cas), mais du fait que tout membre du peuple de Dieu est l’enfant spirituel du Dieu auquel il appartient dès sa naissance.
Mais Jésus parle d’autre chose. Il a en vue non pas l’aspect extérieur, religieux, de la question, mais son essence spirituelle. Vous n’avez pas d’esclavage, vous n’êtes pas esclaves, mais si vous êtes esclaves du péché, de quelle liberté peut-on parler ? Vous dites de vous-mêmes que vous êtes enfants d’Abraham. Mais Abraham savait écouter et entendre Dieu, il ne plaçait pas les coutumes et traditions chères au cœur au-dessus de la parole de Dieu, au-dessus de la révélation ! Et vous ? Vous dites que votre Père est Dieu, dit Jésus à Ses auditeurs, mais Il est aussi Mon Père ; pourquoi donc n’accueillez-vous ni Moi ni ce que Je dis ? Vous avez pourtant eu bien des occasions de vous convaincre que Je suis venu de Dieu. Alors quoi ?
Les personnes qui écoutent Jésus n’ont rien à répondre à ces questions. Et elles continuent d’accuser et de douter. Comme le font souvent les gens qui n’ont rien à répondre sur le fond.
