RÉFLEXIONS pour Rm 14:1
Paul a toujours traité avec respect les personnes qui observaient les normes et les règles de leur religion. Mais, d’un autre côté, dans les communautés d’Église de ce temps, il y avait beaucoup de ceux qui « ne distinguaient pas les jours », des païens, et en fait simplement, pour parler en langage moderne, des personnes laïques, pour qui aucune religion en soi n’était intéressante. Que fallait-il faire ? Car chez les personnes religieuses, une telle attitude envers la religion provoquait au minimum de l’incompréhension.
Mais Paul, comme on le voit, ne se hâte pas de les soutenir. Et cela ne nous étonnera guère si nous comprenons les motifs qui guident l’apôtre.
Paul lui-même était bien sûr un homme religieux ; il parle de lui comme d’un « pharisien issu de pharisiens ». Mais il n’absolutise nullement sa propre religiosité. Et il y a des raisons à cela. Si la religion pouvait être le salut par elle-même, si elle pouvait ouvrir à ses adeptes le chemin du Royaume, l’apôtre la traiterait sans doute autrement. Mais il comprend parfaitement que, s’il en était ainsi, le Christ n’aurait pas eu besoin de venir vers nous pour nous sauver. Et si la religion ne sauve pas, si elle est une affaire humaine, il faut la traiter en conséquence, comme une affaire humaine. S’il y a dans l’Église des personnes pour qui la religion est importante, c’est une affaire de conscience, et l’apôtre était bien sûr loin de vouloir combattre la religiosité de qui que ce soit. Mais il comprenait parfaitement aussi tous les dangers que la religion porte pour la vie spirituelle.
L’un des principaux dangers était précisément l’absolutisation, par les personnes religieuses, de leur religiosité comme forme unique possible et unique acceptable de la vie chrétienne. Une telle absolutisation non seulement repoussait les personnes non religieuses, mais déformait l’essence même du christianisme, qui, dans une telle approche, se transformait en une sorte de nouvelle religion, se vidant ainsi de sa substance et perdant son essence spirituelle. Et Paul s’y oppose fermement : non à la religion comme telle, mais à l’absolutisation de toute religiosité, y compris celle dont il était lui-même porteur. On ne pouvait éviter une telle absolutisation que d’une seule manière : en laissant le choix de la religion à la discrétion de chaque membre de l’Église. Afin que chacun choisisse lui-même la forme de vie dans l’Église, et donc dans le Royaume, qui lui convienne le mieux.
