RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Gn 1:1-13

À la lecture du poème sur la création du monde, son caractère dramatique particulier saute aussitôt aux yeux. En effet : le premier jour, le monde entier est pénétré par cette lumière de la présence de Dieu qui, dans la tradition yahviste, est connue sous le nom de « gloire de Yahvé » ou de « gloire du Seigneur ». Elle accompagne le peuple tout au long de son histoire ; et le premier jour, selon la parole de l'auteur sacré, le monde entier resplendit de cette lumière, et les ténèbres n'y ont pas de place. Puis, le deuxième jour, l'eau submerge le monde, cette même eau dont il est question dans l'introduction du poème, dans les deux premiers versets qui précèdent la description des six jours de la création. Mais dans l'introduction, l'eau n'apparaît qu'au deuxième verset, là où la terre se trouve séparée du ciel ; au premier verset, où elle forme avec le ciel un seul tout, il n'y a pas d'eau. Or l'eau est le symbole du chaos et des forces obscures qui s'opposent à Dieu, ainsi dans tous les univers mythologiques de tous les peuples de l'Antiquité, ainsi aussi dans la Bible. Il apparaît alors que la création du monde tel que nous le connaissons aujourd'hui n'a pas été simple ni facile ; elle s'est accomplie malgré la résistance de ces forces opposées à Dieu qui tentaient de L'empêcher de réaliser Ses desseins, peut-être bien avant l'apparition non seulement de l'homme, mais aussi du monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Et l'homme devait inévitablement, en son temps, devenir participant de cet affrontement.