RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Za 8:7-17

La prophétie de Zacharie que nous lisons aujourd’hui contient la réponse du Seigneur à la question du jeûne. Après la destruction de Jérusalem en 587 av. J.-C., un jeûne supplémentaire, en juillet, fut institué parmi les Juifs pour pleurer Jérusalem. En 518, des Juifs nobles vivant à Babylone, ayant appris que les travaux de restauration du Temple de Jérusalem avançaient avec succès, envoient à Jérusalem une question : faut-il observer ce jeûne supplémentaire ?

Et le Seigneur répond par le prophète Zacharie, en disant : « ...est-ce pour Moi... que vous avez jeûné et pleuré ? ». La conclusion du Tout-Puissant est peu consolante. Il dit au prophète que ceux qui pleuraient pleuraient sur eux-mêmes. En effet, dans les moments de perte et de défaite, nous ne nous affligeons souvent pas tant du malheur que nous nous plaignons nous-mêmes, nous regrettons qu’« tout cela » nous soit arrivé. Et Dieu dit du jeûne : comme l’homme mange pour lui-même, de même les Juifs jeûnaient pour eux-mêmes. Répétant ce qu’Il avait dit littéralement quelques années plus tôt par le Deutéro-Isaïe (l’auteur de la seconde moitié du livre d’Isaïe), le Seigneur indique le sens et la forme du jeûne qui Lui sont agréables : rendez une justice équitable et exercez la miséricorde et la compassion chacun envers son frère.

Dans les passages lus aujourd’hui du chapitre suivant du livre de Zacharie, le Seigneur s’adresse à ceux qui ont déjà traversé la catastrophe et la restauration. Pour ceux qui ont vécu cela, dit le Seigneur, le jeûne sera un temps de restauration, un temps de joie. Le jeûne deviendra l’effort nécessaire pour vivre pleinement la joie de la présence du Dieu miséricordieux au milieu de nous. L’Église a inclus aujourd’hui cette prophétie dans notre lecture liturgique parce que, pour nous aujourd’hui, la catastrophe et la restauration sont la mort de Jésus, tué par nous, par nos péchés, sur la Croix, et Sa Résurrection. Et pendant le Grand Carême, nous pleurons Jésus et nous nous réjouissons de Sa Victoire, afin de pouvoir sentir, vivre jusqu’au fond de notre être, Sa présence avec nous.