RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Gn 43:1-34

La lecture d’aujourd’hui poursuit le récit de la manière dont Joseph conduisait ses frères au repentir. D’une part, il les a placés devant un choix très difficile : il leur était absolument nécessaire de retourner en Égypte pour du blé, et en même temps il leur était absolument impossible de paraître devant Joseph sans Benjamin (v. 2 – 5). Et maintenant les frères de Joseph ont compris ce que c’est que de priver un père de son fils bien-aimé (v. 6 – 7, 11 – 14). En réalité, en vendant Joseph comme esclave, ils avaient fait la même chose à leur père ; mais alors, aveuglés par la haine envers leur jeune frère, ils ne pouvaient comprendre ce qu’avait vécu Jacob en perdant Joseph. Maintenant Joseph les a forcés à le comprendre, en ordonnant qu’on lui amène Benjamin et en leur interdisant de paraître en Égypte sans le plus jeune frère. La leçon était extrêmement dure, mais c’était la seule possibilité de faire sentir et comprendre jusqu’au bout aux frères, hommes apparemment rudes et, comme la plupart des nomades, nullement portés à la réflexion ni à la sentimentalité, ce qu’ils avaient fait en se débarrassant de Joseph. Mais ce n’était pas tout : l’un des frères dut prendre sur lui toute la responsabilité du bien-être de Benjamin (v. 8 – 9), responsabilité qu’il ne refusa pas, comme le montrèrent les événements suivants, même lorsque la situation devint critique (Gn 44 : 17 – 34). À l’égard de Joseph, les frères s’étaient comportés de façon absolument irresponsable ; maintenant Joseph se mit lui-même à leur apprendre une attitude responsable les uns envers les autres. Et ce n’était pas un caprice : sans la capacité de prendre sur soi la responsabilité, il ne peut y avoir ni repentir authentique ni véritable conversion à Dieu. D’autre part, l’histoire de l’argent rendu aux frères, payé pour le blé, eut une suite. Dans cette situation, les frères de Joseph se comportèrent sans reproche, sans faire la moindre tentative de tromper Joseph. Jacob comme tous les autres étaient convaincus que l’argent leur avait été rendu par erreur, et ils étaient prêts à le remettre à ses propriétaires légitimes (v. 12, 18 – 22). Et alors Joseph leur fait comprendre qu’aucune action, bonne ou mauvaise, ne reste sans conséquence auprès de Dieu : en réponse à l’honnêteté et à la bonne foi de ses frères, il leur donne en fait l’argent qu’ils avaient apporté pour payer le blé acheté auparavant (v. 23). Ainsi, peu à peu, pas à pas, Joseph amène ses frères à comprendre des choses sans lesquelles il ne peut y avoir de vie spirituelle normale : le bien et le mal, la responsabilité de l’homme pour ses actes, la toute-puissance de Dieu. Et il le fait de manière pratique, sans faire à ses frères des leçons de morale, mais en les plaçant dans des situations où tout se connaît par sa propre expérience.