RÉFLEXIONS pour Lc 18:2-8
En règle générale, les paroles les plus incompréhensibles de la lecture d'aujourd'hui sont celles-ci: «bien qu'il tarde à les défendre»? Pourquoi tarde-t-Il, qu'attend-Il, quand nous allons si mal, demandent les gens. C'est pourquoi réfléchissons aujourd'hui précisément à ces paroles. Nous nous souvenons bien des paroles du psaume: que Tes compassions nous devancent bientôt, Seigneur, car nous sommes extrêmement appauvris (Ps 78:8), nous nous en souvenons particulièrement bien parce qu'elles sont entrées dans les prières de la sixième heure, et donc nous les entendons souvent à l'église. Dans le Psautier, cet appel «hâte-toi de nous exaucer» se fait encore entendre trois fois (Ps 68:18, 101:3, 142:7). Nous désirons beaucoup que le Seigneur nous aide plus vite, nous Le pressons. Qui sait, peut-être que sans cela il n'y aurait pas besoin de dire qu'Il tarde. Non pas qu'en voyant avec quelle impatience nous attendons Son aide, Il tarde exprès, non, bien sûr. Mais parce qu'Il veut comme nous dégriser. Il veut que nous nous retournions vers nous-mêmes et regardions combien Il nous a déjà donné. Plus que tout, Il veut notre croissance, ce qui sera impossible s'Il fait tout à notre place. Ici, la comparaison avec des parents terrestres nous paraît tout à fait appropriée. Quand un enfant demande de l'aide pour rédiger une dissertation scolaire, tout parent raisonnable lui demandera d'abord d'essayer d'écrire quelque chose lui-même. Le Seigneur, comme un Parent aimant, ne tarde que dans un seul cas: lorsqu'il s'agit de vie et de mort. Et c'est alors précisément qu'Il accomplit un miracle. Si nous nous en souvenons, nous comprendrons plus justement le miracle et nous ne chercherons pas de faux miracles.
