RÉFLEXIONS pour Mc 10:17-27
Les paroles du Sauveur disant qu'il est difficile à un riche d'entrer dans le Royaume ont été souvent rappelées, et le sont encore, la difficulté étant comprise comme une impossibilité. Mais Jésus n'a pas dit « impossible » ; il a dit « difficile ». On a aussi beaucoup dit et écrit sur la pauvreté évangélique. Pourtant, la communauté formée autour de Jésus n'était pas une communauté de moines mendiants ; les apôtres recevaient des dons en quantité suffisante pour en consacrer même à la charité. Pour le jeune homme riche, le plus difficile n'était sans doute pas de distribuer ses biens, mais d'entrer dans la communauté. Renoncer à la liberté. Renoncer au mode de vie habituel. Renoncer à l'indépendance qu'un homme aisé ne pouvait pas ne pas posséder. En un certain sens, renoncer à lui-même : dans la communauté apostolique, bien sûr, personne ne retenait personne de force, mais, une fois entré en elle, une fois touché par le Royaume, l'homme ne pouvait plus redevenir le même, ni simplement revenir en arrière comme si rien ne s'était passé dans sa vie. Le pas proposé au jeune homme qui interrogeait lui paraissait, et était réellement, irréversible : quoi qu'il arrive ensuite, il n'y aurait plus de retour en arrière. Il avait posé sa question en homme religieux et pieux ; il voulait comprendre ce que cet Enseignant étonnant et étrange lui proposerait encore d'accomplir. Mais l'Enseignant ne lui proposa ni nouvelles règles, ni nouvelle connaissance, ni nouvelle morale. Il lui proposa le Royaume. Et le jeune homme comprit tout. Et, triste, il s'en alla à l'écart. D'ailleurs, c'était plus honnête ainsi. Ce jeune homme ne trahit personne et ne renia rien. Quant à Jésus, il dit seulement à son sujet qu'il est difficile à un riche d'entrer dans le Royaume.
