RÉFLEXIONS pour Lc 12:48-56 — le 20 novembre 2024

RÉFLEXIONS pour Lc 12:48-56

Les paroles de Jésus sur la division qu'Il a apportée dans le monde troublent certains lecteurs de l'Évangile, particulièrement de nos jours. L'union nous paraît aujourd'hui plus appropriée que la division ; nous aimerions voir disparaître toutes les divisions entre les hommes. L'unité nous semble, par définition, préférable à la division.

Il en est bien ainsi lorsqu'il s'agit de choses secondaires. Or, du point de vue de l'Évangile comme de celui de la vie spirituelle en général, toutes nos divisions — culturelles, linguistiques, raciales, même religieuses — sont par essence secondaires : elles ne touchent pas l'essentiel, nos relations avec Dieu et leur dynamique. Du point de vue de l'Évangile comme de celui de la vie spirituelle en général, c'est précisément la dynamique des relations avec Dieu et le prochain qui est centrale ; tout le reste est secondaire. À cet égard, les êtres humains ne se répartissent qu'en deux catégories : ceux dont la vie comporte une relation avec Dieu et la dynamique qui l'accompagne, et ceux chez qui elle est absente.

Bien entendu, l'absence totale de relation avec Dieu signifie pour l'être humain la destruction complète de sa personne, souvent suivie aussi d'une destruction physique. Mais on peut parler de la naissance et de l'affermissement de ces relations, ou de leur dégradation progressive, de leur tendance à se détruire entièrement. À la limite, dans le contexte et la perspective du Royaume entrant dans le monde, il faut parler d'aspiration à la plénitude de la vie du Royaume ou d'auto-isolement : la tentative de se retrancher, de créer son petit monde clos, pour en devenir le roi, l'unique maître et souverain. Le monde déchu existe précisément dans cet isolement ; la principale division chrétienne oppose donc ceux qui cherchent la vie du Royaume à ceux qui se contentent de la vie de ce monde, du monde déchu.

Ici, la division est réellement inévitable : ces deux orientations spirituelles sont incompatibles, non parce que les uns seraient « spirituels » et les autres non, mais parce que les uns cherchent la vie et avancent vers elle, tandis que les autres se satisfont d'une vie qui se meurt, d'un enfoncement progressif dans la mort qui règne dans le monde déchu. Il ne s'agit pas de points de vue ou de convictions différents, mais de directions opposées du mouvement spirituel, qui séparent inévitablement ceux qui les choisissent. Des personnes allant dans des directions différentes, opposées, ne peuvent en effet rester unies.