RÉFLEXIONS pour Lc 11:1-10
La question que les disciples adressent à Jésus au sujet de la prière était tout à fait traditionnelle à l'époque évangélique. Les rabbins savants et les maîtres de la Torah accordaient alors, en général, une grande attention à la prière et aux règles qui la régissaient : leur étendue, leur forme et leur contenu. La prière correcte était considérée comme le fondement de toute relation de l'homme avec Dieu ; on attribuait à la parole une importance presque autonome dans cette relation. Sans aller, bien sûr, jusqu'à la magie pure et simple, les prescriptions relatives à la prière étaient empreintes de formalisme, et même largement. Jésus, Lui, propose à Ses disciples une prière brève, mais d'une extraordinaire densité spirituelle.
Chaque mot, chaque demande y est chargé d'un sens profond. En deux mille ans d'histoire chrétienne, on a tant écrit sur chacun qu'une vie humaine entière ne suffirait probablement pas à étudier ces seuls commentaires du Notre Père. Mais il ne s'agit évidemment pas seulement de ce que nous appellerions aujourd'hui la richesse théologique de cette courte prière proposée par Jésus à Ses disciples. Il s'agit avant tout de sa qualité spirituelle. Ce n'est pas un hasard si le Sauveur prend l'exemple d'un homme qui demande de l'aide à son ami : Dieu est précisément un ami pour l'homme, et un ami qui comprend que l'affaire est sérieuse ne refusera pas son aide.
Mais, pour qu'il le comprenne, la demande doit être insistante et persévérante. Celui qui s'adresse à Dieu sans croire pleinement qu'il recevra ce qu'il demande ne recevra très probablement rien. Non parce que Dieu l'entendrait moins bien qu'un homme persévérant, mais parce que la persévérance n'est ici que l'expression de la profondeur et de l'intensité des relations qui unissent le demandeur à Dieu, et de la profondeur de sa confiance en Lui. Sans cela, aucune relation avec Dieu n'est possible, et il est vain de s'adresser à Lui.
