RÉFLEXIONS pour Ez 34:1-31 — le 9 septembre 2024

RÉFLEXIONS pour Ez 34:1-31

Le chapitre 34 occupe une place centrale dans l'ensemble du livre du prophète Ézéchiel, car c'est ici que le Seigneur parle au prophète de la venue prochaine du Messie, le Berger d'Israël. Toute une série de remarquables textes bibliques font écho à ce chapitre, au premier rang desquels les paroles du Seigneur Jésus-Christ lui-même, au chapitre 10 de l'Évangile selon Jean, déclarant qu'il est le Bon Berger. En outre, le Seigneur envoie les apôtres « vers les brebis perdues de la maison d'Israël » et représente la conversion du pécheur comme les retrouvailles du berger avec une brebis égarée.

Cette prophétie commence pourtant par dénoncer ceux qui auraient dû être les bergers du peuple de Dieu, mais ne le sont pas devenus. Le Seigneur prononce des paroles terribles sur les bergers qui se paissent eux-mêmes sans se soucier de l'état du peuple. Un regard attentif ne peut manquer de remarquer combien les paroles du prophète s'appliquent exactement non seulement aux prêtres de son époque, mais plus encore aux grands prêtres et aux scribes du temps du Seigneur Jésus-Christ.

Ce qui importe tout d'abord pour nous, c'est la comparaison même du peuple de Dieu avec un troupeau de brebis. Caractéristique de plusieurs psaumes, par exemple les Psaumes 23, 80, 95 et 100, elle remonte à une haute antiquité, lorsque le Seigneur, tel un berger, fit sortir son peuple d'Égypte. Dans les psaumes, la notion de troupeau du Seigneur s'oppose à l'égarement dans l'idolâtrie. Par la suite, le Nouveau Testament revient à maintes reprises sur cette image. Le Seigneur dit de lui-même : « Je suis le Bon Berger », et ces paroles renvoient précisément à la prophétie d'Ézéchiel 34 sur le Messie en tant que Berger. Le Christ affirme ainsi qu'il est ce Berger d'Israël annoncé par les prophètes. Puis, en établissant l'apôtre Pierre dans son ministère, le Seigneur lui ordonne : « Pais mes brebis. » Dans sa Première Épître catholique, Pierre lui-même transmet cette charge à ses frères dans le ministère : « Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié », et ses paroles nous renvoient, elles aussi, au chapitre 34 d'Ézéchiel.

Lorsque la Bible parle de l'Église, du peuple de Dieu de l'Ancien comme du Nouveau Testament, comme d'un troupeau, elle sous-entend toujours que le Seigneur lui-même conduira son peuple et prendra soin de lui, comme aux jours de l'Exode. Mais, à chaque époque, il y a des hommes auxquels il confie cette tâche. Cette charge est étroitement liée à la responsabilité dont Dieu parlait au prophète Ézéchiel dans le chapitre précédent. Le Seigneur ne veut pas la mort des pécheurs, mais leur conversion et leur salut ; et la responsabilité des prophètes et des bergers est de révéler la vérité de Dieu à chaque personne. Pourtant, à la différence d'Ézéchiel lui-même, les bergers du peuple de Dieu de son époque n'assument pas cette responsabilité...

La tâche confiée aux bergers est décrite par le prophète au verset 4. Puisqu'il s'agit d'un thème qui traverse les deux Testaments, elle demeure inchangée pour tous les serviteurs du Dieu unique, dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament. Le Seigneur dit que les bergers auraient dû veiller à l'état spirituel — et physique — du troupeau : fortifier les faibles, soigner les malades et les blessés, se soucier du retour des égarés. Au lieu de cela, ils se préoccupent de leur propre bien-être et des honneurs, de la magnificence du Temple, de tout sauf de ce qui est nécessaire. À chaque personne, et surtout à chaque berger, il est confié de donner aux autres l'amour et la miséricorde de Dieu. Il est évident qu'aucun être humain ne peut le faire parfaitement ; cependant, le mystère de la présence de Dieu là où nous sommes réunis en son nom remplit notre miséricorde imparfaite de sa plénitude et de sa puissance de guérison. « Vous les avez gouvernées avec violence et cruauté », dit le Seigneur : les bergers d'Israël ferment ainsi une voie importante à la diffusion de la miséricorde de Dieu dans le monde.

Au fond, les bergers d'Israël ont remplacé le service que le Seigneur leur avait confié par le souci de maintenir un culte correct — et leur propre bien-être —, ce qui constituait l'unique fonction des prêtres païens chez les peuples voisins d'Israël. Ils ont oublié l'essentiel de la Loi : la justice, la miséricorde et la foi, alors que, pour reprendre les paroles du Seigneur Jésus, « il fallait s'attacher à ces choses-ci sans négliger les autres ». Et le Seigneur dit qu'il n'en sera plus ainsi.

Sur la manière dont il fera désormais paître son peuple, le Seigneur dit : « Je chercherai moi-même mes brebis », « Je serai leur Berger », « Je les ferai paître avec justice ». Associées à l'annonce que le Messie sera le nouveau et véritable Berger du peuple, ces paroles constituent implicitement, comme chez d'autres prophètes, une prophétie du Christ Dieu et homme. D'un côté, c'est le Messie, descendant de David, qui accomplira cela ; de l'autre, Dieu dit à ce sujet : « Moi-même. »

Le passage des versets 17 à 22, où le Seigneur annonce qu'il jugera entre les brebis — « Je jugerai entre brebis et brebis » —, est tout à fait saisissant lorsqu'on le rapproche de l'Évangile. Les relations entre les personnes, y compris leurs conflits, deviennent le lieu de la présence et de l'action de Dieu lui-même. Il dit la même chose en d'autres termes au chapitre 25 de l'Évangile selon Matthieu : « Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait. » Avec la venue du Messie, il ne peut plus y avoir de relations entre les personnes qui soient moralement et spirituellement neutres : le Seigneur prend part à chacune de ces relations. Cette pensée évangélique, elle aussi, se révèle donc annoncée par le prophète.

Le Seigneur promet ensuite la venue du Messie, descendant de David, qui sera le Berger du peuple de Dieu. Un élément important de cette promesse est que le Seigneur dit : « J'établirai sur elles un seul berger... mon serviteur David. » Les pasteurs du Nouveau Testament ne « reproduisent » donc pas entièrement ceux de l'Ancien, car Dieu laisse au Messie la responsabilité du destin des brebis. En prenant du recul par rapport au contexte, on ne peut manquer de s'émerveiller de la grandeur de cette promesse. Dieu lui-même sera notre Berger, lui-même conduira chacun de nous à la vie, lui-même soignera nos blessures et nous fortifiera dans nos faiblesses. Lui-même, et nul autre ! Ce degré inouï de proximité de Dieu nous est révélé pour la première fois dans le livre du prophète Ézéchiel.

Le chapitre 34 s'achève sur une révélation concernant la Nouvelle Alliance. Comme il était d'usage, le prophète la décrit au moyen d'images apocalyptiques d'un monde transfiguré. L'essentiel de ses paroles est qu'avec la venue du Messie sera conclue une Nouvelle Alliance, et que cette alliance sera une alliance de paix, de notre réconciliation avec Dieu. En elle, la bénédiction de Dieu sera accordée à toute la vie des hommes, et nous recevrons la paix, la liberté et la sécurité. Dieu nous conduira comme un berger et sera « notre Dieu ». Reprenant les premières paroles des Dix Commandements — « Je suis le Seigneur, ton Dieu » —, cette promesse souligne que la Nouvelle Alliance n'aura pas moins d'ampleur que celle du Sinaï, tout en en étant le prolongement et l'accomplissement. Et les paroles « Ils sauront que moi, le Seigneur leur Dieu, je suis avec eux » relient cette prophétie à celle d'Isaïe annonçant la naissance, d'une Vierge, d'un Enfant nommé « Emmanuel, ce qui signifie : Dieu avec nous », ainsi qu'au récit de l'accomplissement de cette prophétie au premier chapitre de l'Évangile selon Matthieu.