RÉFLEXIONS pour Mt 17:1-9
Aujourd'hui, j'aimerais beaucoup évoquer, ne serait-ce que par fragments, le merveilleux poème de Boris Pasternak consacré à la Transfiguration du Seigneur (« Août »).
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Je me souvins pourquoi
L'oreiller était légèrement humide.
J'avais rêvé que, pour me dire adieu,
Vous traversiez la forêt les uns derrière les autres.
Vous marchiez en foule, séparément et par deux,
Soudain quelqu'un se rappela qu'aujourd'hui
Était le six août selon l'ancien calendrier,
La Transfiguration du Seigneur.
D'ordinaire, une lumière sans flamme
Émane ce jour-là du Thabor,
Et l'automne, clair comme un signe,
Captive les regards.
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Tous percevaient physiquement
La voix calme de quelqu'un, tout près.
C'était mon ancienne voix prophétique
Qui résonnait, intacte, sans corruption…
Que le poète en ait eu conscience ou non, toute la trame de son merveilleux poème s'inscrit dans la tradition de cette poésie liturgique qui voit dans la Transfiguration une préparation des disciples à la connaissance de la Résurrection : « …Aux témoins choisis parmi les vivants et les morts, du ciel et de la terre, qui se tenaient devant toi sur le Thabor, tu as révélé la plénitude de la divinité habitant corporellement en toi, anticipant l'éclat de ta résurrection… » (Acathiste à la Transfiguration du Seigneur, kondakion 1). C'est précisément la résurrection dans la chair que le poète pressent : tous la percevaient physiquement. Cette réalité physique de la nature divine du Christ fut manifestée aux disciples ; ils la percevaient. Nous aussi devons tendre vers une foi qui puisse être réellement, physiquement perceptible à nous-mêmes comme à nos proches. C'est en cela que consiste notre transfiguration, sans laquelle il n'y aura pas non plus de résurrection. Car tel est le chemin que Jésus nous a montré.
