RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour Rm 7:1-12

La conscience européenne moderne aime beaucoup employer les catégories de « légalité » et de « justice ». Nous avons hérité — des Juifs comme des Romains — de l’idée claire que la vie humaine doit être régie par certaines prescriptions et certaines lois. La vie doit être organisée de sorte que nos actes ne franchissent pas la limite fixée par la loi : c’est ce que nous aimons tant appeler la « conscience juridique ». Ses racines sont profondes et, de plus, on ne peut pas dire que cette idée soit tout à fait erronée. Car la Loi dont parle Paul a été donnée par Dieu aux Juifs et, avec eux et par eux, à toute l’humanité. En effet, la multitude de commandements que les Pharisiens connaissaient et accomplissaient si bien reposait à l’origine sur les dix commandements essentiels des tables de Moïse. Leur rôle fut grand : ils aidèrent le peuple élu à demeurer uni, à ne pas se détourner de Dieu et à attendre le Christ. Mais — comme il est inévitable pour l’humanité — leur signification se réduisit à des rites, à une reproduction littérale dépourvue de compréhension. C’est précisément cette attitude que Paul appelle le service dans la « lettre ancienne ».

La venue du Christ, Sa mort et Sa Résurrection apportent à l’humanité la libération du « fardeau difficile à porter » de nombreuses prescriptions humaines : le renouvellement de la Loi par la Grâce. Ce n’est pas la Loi qui est morte, car elle vient de Dieu. C’est nous qui sommes morts à la Loi, parce qu’au-dessus d’elle est venue la Loi Nouvelle, la Loi de la Grâce.

Cela est à la fois joyeux et très redoutable, car une immense responsabilité repose ainsi sur nous. Nous ne pouvons plus nous consoler en disant que nous avons scrupuleusement observé toutes les précautions rituelles et tous les jeûnes, et récité toutes les prières. Notre salut réside précisément dans la communion directe entre l’être humain et Dieu, dans notre capacité à participer au moins en partie à l’amour de Dieu pour le reste du monde. C’est ce dont parle le Seigneur dans la parabole du Jugement dernier (Mt 25:31–46), où nous serons jugés non selon le nombre de fois où nous avons prié chaque jour, mais selon que nous avons nourri celui qui avait faim, donné à boire à celui qui avait soif et accueilli l’étranger.