RÉFLEXIONS pour Ps 109
Le psalmiste est entouré d'ennemis qui le haïssent, et les sentiments qu'il éprouve à leur égard répondent à leur propre hostilité. Les souhaits que David leur adresse sont sans miséricorde ; il n'a manifestement l'intention ni de pardonner ni de les épargner, et encore moins de rendre le bien pour le mal. Mais David n'est pas mû seulement par le ressentiment envers ses ennemis ou par le désir d'en finir avec eux : il est avant tout animé par le rejet de l'impiété qu'ils commettent.
Avec une spontanéité enfantine, le mal est identifié à ceux qui le portent, et il faut reconnaître qu'au début cela est inévitable : un regard plus profond sur la nature humaine ne vient pas immédiatement. Il faut du temps pour comprendre qu'un homme consent très rarement à être entièrement imprégné par le mal, et que celui qui porte le mal en est souvent dépendant d'une manière comparable à la dépendance à l'alcool ou à la drogue.
Néanmoins, pour rejeter d'abord le mal, il est nécessaire de reculer aussi devant ses porteurs vivants, que leur dépendance ne saurait dégager de leur responsabilité.
