RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Jude 1:9

Dans son message, Jude mentionne une certaine discussion entre le chef de la hiérarchie angélique, l'archange Michel, et Satan sur le corps de Moïse. De quelle discussion s’agit-il? Dans les livres bibliques il n'y a aucune mention sur une telle discussion. Et la Bible ne mentionne pas le corps de Moïse. Comme on voit, l'apôtre s'adresse dans le cas présent non pas à la Sainte Ecriture, mais à certaines légendes nationales fixées dans la tradition judaïque.

Rien n’est vraiment dit dans les livres bibliques où est enterré Moïse, y est mentionnée seule sa mort quelque part en Transjordanie. L'absence du tombeau, particulièrement dans le cas d’un chef religieux de cette ampleur, est un phénomène extrêmement rare dans l’antiquité. La mémoire nationale ne pouvait aucunement accepter que le tombeau de Moïse soit perdu dans les steppes de la Transjordanie. Peut-être c'est pourquoi est apparue la légende selon laquelle Moïse, tout comme Élie, n'est pas mort, mais a été enlevé au ciel vivant. Et, comme était supposé, reviendra avec Élie peu de temps avant l'arrivée du Messie pour témoigner de la proximité du jour du Jugement.

La discussion sur le corps de Moïse, dont parle Jude, était probablement liée à l’un des épisodes de la légende nationale mentionnée : Moïse, à la différence d'Élie, était enlevé au ciel au moment de la mort et après cela était ressuscité par Dieu, tout comme ressusciteront le jour du Jugement tous les morts. Satan s’opposait à cela par tous les moyens, de telle sorte que l'archange Michel lui-même a dû défendre Moïse. On peut d’ailleurs remarquer qu’on ne dit rien de l’hiérarchie angélique dans les livres bibliques, par contre elle est décrite en détail dans les apocryphes de l'Ancien Testament. Comme on voit, ces apocryphes sont aussi en plusieurs le fruit de la créativité nationale religieuse juive de l'époque hellénistique. Mais Jude, comme on voit, se sent à cet égard tout à fait libre : dans son message il fait référence aux légendes folkloriques ainsi qu’aux livres sacrés.

Et cela n'est pas étonnant : car il était important à l'apôtre de transmettre à ses lecteurs cette idée, qu'il trouvait importante. Et les illustrations jouaient dans le cas présent un rôle auxiliaire. Il était important seulement qu'il soit bien connu aux destinataires du message et ne contredisait pas les St Saintes Ecritures. La légende sur la discussion sur le corps de Moïse répondait à ces critères. Et l'apôtre l'utilise, bien sûr, sans faire d’une telle utilisation une fin en soi. En effet, toute légende est seulement une source, d'où nous pouvons puiser pour nous-mêmes quelque chose d’important pour la compréhension de certaines lois de la vie spirituelle.