RÉFLEXIONS. Lecture en trois ans.

RÉFLEXIONS pour 1P 5:1-14

À première vue, il s’agit ici de recommandations adressées aux responsables des communautés chrétiennes, mais, à bien y réfléchir, elles nous concernent tous, nous qui ne sommes pas entièrement délivrés, à des degrés divers, de la passion du pouvoir et qui cédons souvent à la tentation de manipuler notre entourage à des fins qui ne sont pas toujours élevées. Mais Pierre recommande de vivre sans dominer, mais en nous soumettant les uns aux autres, et il répond ici par avance à ceux qui, pendant des siècles et avec beaucoup de succès, ont cherché à introduire dans les relations entre chrétiens les normes sociales d’une société pécheresse et qui voudraient voir l’Église comme une structure semblable à l’État. Mais même si ses formes d’organisation extérieures peuvent rappeler celles des communautés humaines terrestres, son essence intérieure les dépasse infiniment. Elle a été créée pour unir les hommes non par la contrainte et la discipline extérieure, mais par l’unité dans la foi et l’amour. Et s’il en est bien ainsi, les paroles du Christ ne sont pas seulement prononcées, elles sont aussi vécues : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9,35). Ainsi furent de nombreux saints et ascètes, depuis les apôtres jusqu’au métropolite Antoine de Sourozh et à d’autres dignes pasteurs de notre temps.