RÉFLEXIONS pour Lc 18:31-34 — le 7 décembre 2023

RÉFLEXIONS pour Lc 18:31-34

En lisant le passage d'aujourd'hui, on remarque un décalage entre ce que les hommes attendent de la venue du Christ et ce qui se produit réellement. Il tient bien sûr, dans une large mesure, à l'étroitesse et au caractère terre à terre des attentes des Juifs, très humaines et, de ce fait, primitives. Mais, pour tous les autres que le Seigneur appelle, qui ouvrent l'Évangile sans appartenir au milieu juif, ce décalage est également important. Nous ressentons profondément le besoin de l'action salvatrice de Dieu, ne serait-ce que parce que nous éprouvons notre impuissance devant la souffrance et la mort. Nous avons réellement besoin d'être délivrés, et nous en sommes conscients. Les prophètes bibliques disent plus d'une fois au nom du Seigneur que c'est précisément ce qui doit s'accomplir par la venue du Christ. Que faudrait-il donc de plus ? Tous, Dieu comme les hommes, veulent « que tout aille bien ». Cela ne nous concerne-t-il pas aussi, nous qui venons à Dieu aujourd'hui ?

Mais le Seigneur dit aux disciples qu'Il sera livré, outragé et tué, et qu'Il ressuscitera le troisième jour. Sa mort n'entre nullement dans le cadre du souhait humain « que tout aille bien ». Il est très important que la mort du Christ soit inexplicable du point de vue humain et que les disciples soient incapables de comprendre Ses paroles. Car si l'on pouvait expliquer rationnellement le sacrifice de la Croix, cela signifierait que Dieu y aurait été contraint par des circonstances extérieures. Or la mort du Christ sur la Croix est une manifestation, que nous n'avons en rien méritée, de l'amour divin pour les hommes. Et c'est en elle que s'accomplit la délivrance du monde.

L'incompréhension des disciples montre clairement combien le dessein de Dieu pour un monde où tout est « très bon » diffère du souhait humain « que tout aille bien ». Dieu envisage la présence de la vie éternelle dans le monde, tandis que nous n'envisageons que l'absence de la mort. Ce n'est pas du tout la même chose, et combien la première est meilleure que la seconde !