RÉFLEXIONS pour Za 5:1-11
Aux chapitres 5 et 6, les visions du prophète Zacharie révèlent un autre aspect de la venue du Messie : le Jour du Seigneur sera un jour de destruction pour tout mal, un jour de jugement pour le péché des hommes. Effrayantes et difficiles à comprendre, ces images du rouleau portant une malédiction sur la face de toute la terre et de la mesure remplie d'impiété signifient l'impossibilité, pour le mal et le péché, d'exister dans le Royaume du Christ à venir.
D'après les paroles du prophète, le rouleau est une parole de justice qui anéantit le vol et la tromperie, détruit la violence mêlée de mensonge. Il signifie la manifestation de la Vérité de Dieu, à la lumière de laquelle aucune fausseté ne peut subsister. Il est très important que le prophète place cette vision en premier après les paroles sur la manifestation du Messie, Roi et Prêtre. Pour les gens « ordinaires », qui recourent souvent au mensonge afin d'atteindre leurs objectifs, cette Parole de Vérité résonne d'abord comme une parole de reproche, mortelle pour celui qui bâtit sa vie sur la rapine et la tromperie. Mais un autre aspect importe aussi au prophète : tel un remède amer, elle guérit le monde de l'emprise de la fausseté humaine qui l'empoisonne. Dans le Nouveau Testament, la purification du mensonge entrevue par le prophète correspond aux paroles du Seigneur Jésus-Christ : « Le jugement, c'est que la lumière est venue dans le monde » (Jn 3:19).
L'épha, ancienne mesure pour les matières sèches, se remplit d'impiété, personnifiée par une femme. Cette mesure est établie en Babylonie — Shinéar est l'une des formes du nom ancien du pays de Sumer — et Jérusalem est libérée de cette impiété. Toute une série d'images bibliques se rattache à cette vision, elle-même étroitement liée aux réalités contemporaines du prophète. D'après ce qu'il rapporte, il faut d'abord rapprocher cette image de la prostituée de Babylone des chapitres 17–18 de l'Apocalypse. Symbole d'impiété, elle s'élève au-dessus des tribus et des peuples, comme s'élevaient au-dessus d'eux les ziggourats babyloniennes. Cette image de la prostituée personnifie sans aucun doute le paganisme, en particulier ses manifestations les plus répugnantes.
Le paganisme, l'adoration de la créature, et la débauche sont étroitement liés dans toute la Bible. La seconde y apparaît presque toujours comme le symbole, presque le synonyme, du premier. Ce lien s'enracine très probablement dans le culte de la Grande Déesse de la fertilité, répandu dans tout l'Orient biblique et prenant souvent la forme de la débauche la plus débridée. Depuis longtemps, ce culte suscitait chez les Israélites l'horreur et le dégoût et passait pour la forme extrême de la déchéance spirituelle et morale. Or le prophète voit la prostituée qui personnifie ce culte païen être éloignée de Jérusalem vers Babylone : le paganisme, qui avait été pendant des siècles une immense tentation pour les croyants, disparaît. Purifiée, la terre d'Israël acquiert le droit de s'appeler Terre sainte ; c'est précisément Zacharie qui emploie ce terme pour la première fois. Cette libération de la terre de la tentation païenne est également liée à l'intronisation future du Messie : tous les peuples viendront dans Son Temple pour glorifier le Dieu unique et véritable.
