RÉFLEXIONS pour Za 1:1-17; Za 2:1-4 — le 30 octobre 2023

RÉFLEXIONS pour Za 1:1-17; Za 2:1-4

Le prophète Zacharie, dont nous commençons aujourd'hui à lire le livre, vécut tout à la fin du Ve siècle avant Jésus-Christ. Le livre qui porte son nom comprend deux parties nettement distinctes, peut-être rédigées par des personnes différentes. Les huit premiers chapitres sont dus à un homme de noble naissance nommé Zacharie, venu de Babylone à Jérusalem avec les premières caravanes de rapatriés. Selon la tradition, il vécut longtemps et mourut à Jérusalem comme membre du Grand Conseil, le Sanhédrin. La seconde partie appartient, autant qu'on puisse en juger, à un prophète au nom inconnu, qui vécut un siècle plus tard, au tournant des IVe et IIIe siècles avant Jésus-Christ. Cette composition complexe des livres bibliques est assez fréquente et caractérise la littérature religieuse de l'Antiquité dans son ensemble.

La première partie du livre de Zacharie fut écrite peu après le retour, au moment où se construisait le nouveau Temple à Jérusalem. Les Juifs revenus de Babylone, sous la conduite de leurs chefs — Zorobabel, prince de la lignée de David, et le grand prêtre Josué —, restauraient la ville en ruines et tout le pays. Leurs efforts suscitaient la fureur des peuples voisins, mécontents de voir les Juifs se réinstaller sur leur terre ; presque la même chose se produira ici deux millénaires et demi plus tard. Mais l'unité faisait également défaut parmi les rapatriés eux-mêmes : beaucoup pensaient qu'il fallait d'abord rétablir la puissance économique et militaire du pays, puis seulement entreprendre le renouveau religieux. Seul le soutien du roi perse Darius permettait aux chefs des Juifs de commencer malgré tout les constructions.

Dans ce contexte, le Seigneur annonce par Zacharie Sa parole de miséricorde et de consolation. La vision de l'Ange du Seigneur révèle au prophète que Dieu « Se tourne vers Jérusalem avec miséricorde », que la ville sera restaurée et que le Temple redeviendra le lieu de la présence de l'Invisible. Mais la miséricorde divine ne ressemble pas à l'attitude des rois orientaux envers leurs vizirs favoris : dès le début du chapitre, le Seigneur dit que Sa miséricorde ne peut être reçue automatiquement. Elle exige que les hommes se tournent vers Dieu : « Tournez-vous vers Moi, et Je Me tournerai vers vous », dit le Seigneur. La Parole de Dieu, transmise par Zacharie, appelle les Juifs à tirer les leçons spirituelles de l'histoire de la captivité. La captivité et la dévastation du pays se présentent de nouveau à nous comme le résultat direct du péché humain, ainsi que l'avaient dit les prophètes d'avant l'exil. Le fait que tout se soit passé exactement comme le Seigneur l'avait annoncé par eux devient le sceau qui confirme la vérité de la révélation prophétique. Aujourd'hui encore, dit le prophète, Dieu attend que le peuple se tourne vers Lui, afin que Sa consolation devienne réalité et que l'arbre abattu d'Israël reverdisse.

Le prophète dit que les événements tragiques du siècle ne correspondent pas à la volonté de Dieu ; cela tient au fait que, dans l'histoire, Dieu agit par les hommes. « Alors que Je n'étais qu'un peu irrité, ils ont aggravé le mal » : c'est un exemple d'un phénomène très fréquent, lorsque des hommes qui cherchent inconsciemment, voire consciemment, à accomplir la volonté du Créateur le font à leur manière. Combien de fois cherchons-nous la destruction quand Dieu ne veut que la correction ! C'est précisément ce qu'Israël dut vivre au temps de la captivité babylonienne. Mais désormais le Seigneur parle d'une époque nouvelle de l'histoire, où les hommes seront guidés non par la colère de Dieu, mais par la manifestation de Sa miséricorde.