RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ac 12:21-23

L'histoire de la mort d'Hérode fut comprise par ses contemporains comme un châtiment de Dieu pour la vie que menait cet homme et pour la manière de gouverner qu'il pratiquait. Petit tyran lâche et débauché, voluptueux incapable de se maîtriser, Hérode, comme cela arrive souvent chez de telles personnes, aimait les beaux effets théâtraux.

Il n'avait que peu de pouvoir réel : à la différence d'Hérode le Grand, celui-là même qui avait sur la conscience le sang des enfants de Bethléem, son successeur Hérode le Tétrarque, ou, comme l'appelle la traduction synodale des livres du Nouveau Testament, le Quart-Prince, ne possédait que la Galilée, demeurant bien sûr vassal de Rome. Formellement, comme Hérode le Grand, il avait le statut d'allié de Rome, mais dans les faits ce statut n'était qu'une forme de vassalité honorifique. Malgré tout cela, Hérode s'imaginait être un souverain véritable et puissant, tout en craignant par-dessus tout que quelqu'un ne le renverse de son trône.

Apparemment, ces complexes et ces peurs finirent par conduire à une maladie psychique connue des psychiatres sous le nom de « folie césarienne », une forme particulière de folie où la mégalomanie se superpose au délire de persécution. Le nom de la maladie n'est pas fortuit : elle devint une maladie professionnelle des détenteurs du pouvoir, dont souffrirent de nombreux dirigeants de tous les temps et de tous les peuples. Hérode ne fit pas exception, et ceux qui l'entouraient ne pouvaient en aucune façon se sentir en sécurité : Hérode haïssait et craignait même les personnes les plus proches de lui, y compris sa femme et son fils.

En même temps grandissait son orgueil maladif : à la fin de sa vie, il se considérait réellement comme un dieu, jouant devant ses sujets des scènes du genre de celles qui plaisaient tant à certains empereurs romains comme Néron. Dans de telles scènes, il apparaissait sous l'image d'une divinité païenne. Sa mort fut douloureuse : il mourut d'une maladie non identifiée qui fit littéralement pourrir son corps. C'est cette mort que ses contemporains croyants comprirent comme un châtiment de Dieu pour tous les crimes et sacrilèges commis par Hérode de son vivant. Rien d'étonnant : tout péché affirmé comme norme de vie, et la vie d'Hérode était précisément l'affirmation du péché comme norme, est un défi lancé à Dieu. Un défi auquel Dieu ne peut pas ne pas répondre.