RÉFLEXIONS pour Is 52:13-53:12
Même si nous ne connaissions pas la lecture traditionnelle de ces lignes, il nous serait tout de même impossible de ne pas les comparer aux passages de l’Évangile qui ont conservé le récit des souffrances et des humiliations du Christ ; c’est donc à très juste titre qu’Isaïe est appelé « l’évangéliste de l’Ancien Testament ». Mais nous savons que, plusieurs siècles plus tard, beaucoup de ceux qui connaissaient et relisaient sans cesse le Livre d’Isaïe n’ont pas reconnu en Jésus Celui dont parlait le prophète. La prophétie est restée incomprise.
Devons-nous, nous chrétiens, nous élever au-dessus des anciens Juifs sous prétexte que nous comprenons plus justement les paroles prophétiques ? Sommes-nous toujours prêts à voir l’image de Dieu en celui qui ne correspond pas à nos idées de prospérité, de talent et de réussite ? Une « théologie de la réussite » reste populaire chez certains chrétiens : elle tente de proclamer que les succès de la vie sont une récompense venue d’en haut — ce qui est possible, mais loin d’être vrai dans tous les cas ! — et que les échecs témoignent de la défaveur de Dieu...
Mais toutes les tentatives séduisantes d’adapter la doctrine aux intérêts terrestres et aux conceptions pragmatiques ont été rejetées d’avance aussi bien par la prophétie d’Isaïe que, plus encore, par Celui dont parlait le prophète.
