RÉFLEXIONS pour Ez 7:1-27
Presque tout le septième chapitre du livre du prophète Ézéchiel est une lamentation, des exclamations pleines de larmes que le prophète prononce au nom du Seigneur. « Voici le jour ! Voici que le malheur est venu, qu’il est arrivé ! » Voici qu’est venu ce dont le Seigneur avertissait, par les prophètes, depuis des siècles. Réfléchissons : ce n’est pas une fois ou deux, ni dans les derniers jours avant la catastrophe, que le Seigneur avertit, mais près de deux cents ans à l’avance. Il patiente, Il dit combien l’idolâtrie d’Israël est terrible et destructrice, Il explique pratiquement tout... Surtout, Dieu rappelle sans cesse que le salut existe et qu’il suffit de se tourner vers Lui.
La tonalité tragique de cette prophétie se rapproche de la prière au jardin de Gethsémani et des lamentations du Christ sur Jérusalem. Même dans leur formulation, les paroles de ce chapitre coïncident avec celles du Christ : « Voici que votre maison vous est laissée déserte. » La douleur du Seigneur pour Jérusalem résonne comme celle d’un homme impuissant à empêcher le malheur. C’est bien sûr une illusion, car Dieu est tout-puissant. Mais il est impossible de détourner un désastre librement choisi par les hommes eux-mêmes : c’est le versant tragique du don paradoxal de la liberté. Comme Il aurait voulu Lui-même que ce jour ne vienne pas ! Pourtant, le voici, ce jour : le malheur est arrivé et, telle une force de la nature, il ne distingue ni innocents ni coupables, ni bons ni mauvais. Le prophète énumère les désastres en détail non pour leur donner une force littéraire, mais pour exprimer leur caractère aveugle et impitoyable.
Ce moment de l’histoire ancienne du peuple élu est important pour tous, si on le regarde du point de vue de la Nouvelle Alliance. Au fond, les iniquités de tous les peuples et de chaque personne entraînent la ruine aussi inexorablement que celles d’Israël. C’est précisément de ce que le Seigneur pleure au chapitre 7 du livre du prophète Ézéchiel qu’Il viendra nous délivrer. Ce désastre terrible, fruit de notre choix, Il le prendra sur Lui, comme l’écrira quelques décennies plus tard l’auteur de la seconde moitié du livre d’Isaïe : « Mais Il a été blessé pour nos péchés et tourmenté pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix était sur Lui, et par Ses blessures nous sommes guéris » (Is 53:5).
Au dernier verset du chapitre, Dieu explique Lui-même pourquoi le désastre annoncé est devenu inéluctable. En Son nom, le prophète s’écrie : « J’agirai envers eux selon leurs voies, et Je les jugerai selon leurs jugements. » Tout au long du septième chapitre, le Seigneur parle de l’inhumanité de la société humaine, de ce que « ce pays est rempli de crimes de sang et la ville est pleine de violences ». Voilà ce qui devient, en définitive, la cause principale de la destruction de Jérusalem. À ce propos, on ne peut manquer de se rappeler les paroles du Christ, adressées non plus seulement à Israël, mais à nous tous : « Ne jugez pas, afin de ne pas être jugés ; car vous serez jugés du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez » (Mt 7:1–2).
