RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Rm 3:10-12

Paul cite un texte du Livre des Psaumes où il est question de la nature pécheresse universelle, du fait qu'il ne reste plus de justes sur la terre. Il s'agit plutôt d'allusions à certains passages de différents psaumes, de sorte qu'il est impossible de trouver le passage cité par l'apôtre sous la forme qu'il a dans la lettre. De telles allusions à des passages connus du Livre des Psaumes, des livres prophétiques ou même du Pentateuque n'étaient pas rares dans les discussions rabbiniques.

La pensée principale de Paul est claire : il n'y a pas d'hommes sans péché dans le monde ; il n'y a donc pas non plus d'innocents devant Dieu et devant la Torah. C'est précisément la Torah qui révèle la nature pécheresse de l'homme ; par elle, selon la parole de l'apôtre, le péché est connu. Ici, Paul soulève un problème très sérieux, actuel pour ceux qui suivaient le chemin de la justice que suppose la Torah, et avant tout la Torah intérieure. C'est précisément la Torah intérieure, perçue et vécue par l'homme comme un impératif spirituel et moral, qui révélait à celui qui cherchait le chemin sa propre incapacité.

La Torah perçue principalement ou exclusivement de manière extérieure pouvait créer l'illusion de quelque chose sur quoi l'on pourrait s'affirmer, en s'opposant à ceux qui ne connaissent pas la Torah et ne l'observent pas. Mais alors la Torah se réduit à ce que l'apôtre appelle les « œuvres de la Torah », les « œuvres de la Loi », à ce que nous appellerions aujourd'hui des obligations religieuses. Et alors, bien sûr, la Torah devient pour ceux qui la suivent un phénomène exclusivement religieux.

Paul, lui, parle d'autre chose : il parle de la Torah intérieure et du chemin spirituel que suppose son suivi. Ici, il ne s'agit plus de religion. Il importe ici de rapporter chacun de ses pas, chacune de ses intentions, à la Torah intérieure comme à un système d'intentions divines ouvertes à l'homme. C'est un travail spirituel qui ne se réduit à aucune pratique religieuse. Mais ce sont justement les tentatives de rapporter sa volonté, dans ses manifestations concrètes, aux manifestations tout aussi concrètes de la volonté de Dieu, qui révèlent à l'homme son imperfection.

Il apparaît qu'il n'est pas du tout simple de le faire, même avec tout le désir possible : la volonté de l'homme déchu ne lui obéit pas si facilement, et l'homme déchu ne peut même pas simplement repérer toutes ses intentions, encore moins en prendre conscience. Et aucune « œuvre de la Torah », aucune pratique religieuse ni activité religieuse extérieure ne peut aider l'homme ici. Ne serait-ce que parce que toute cette pratique et toute cette activité ne touchent que la surface de la personne humaine, la périphérie de son existence. Or le chemin de la justice conforme à la Torah exige des changements en profondeur.