RÉFLEXIONS pour Ps 136
Bien des actions de Dieu sont énumérées ici, bien de Ses merveilles sont évoquées, et chaque évocation est immanquablement suivie d'un refrain sur Sa miséricorde et Sa bonté. Ainsi, toutes les œuvres du Seigneur procèdent de la miséricorde et se ramènent à elle.
Il n'est pas exclu que certains trouvent pragmatique et calculatrice la perception de Dieu qu'a l'auteur du psaume, comme si elle était dictée par l'espoir d'obtenir de la miséricorde pour soi. Mais non : la miséricorde apparaît ici comme une propriété essentielle du Créateur, tout à fait indépendamment de la mesure dans laquelle quiconque la mérite. Bien plus, le psalmiste voit précisément dans la miséricorde la raison de nombreuses actions du Seigneur, depuis la création du monde jusqu'au souci de nourrir toute chair — toute chair, et pas seulement ceux qui l'ont mérité !
Mais quelqu'un objectera : peut-on parler de miséricorde alors que sont aussi évoqués ici d'autres personnages qui ont subi la défaite ? La miséricorde ne s'est pas étendue à eux ! Oui, la miséricorde a été accordée à d'autres, à ceux que ces vaincus menaçaient. Le mal qui s'empare des hommes mène à la perte ceux qui ont accepté de le suivre ; c'est précisément parce que la nature humaine est imprégnée de péché qu'il s'est avéré impossible de déraciner le mal sans faire souffrir ceux qui sont sous son emprise. Mais la miséricorde que Dieu accorde aux hommes se manifeste aussi dans la défaite des forces du mal.
