RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Mt 3:4-6

L'image évangélique de Jean le Baptiste rappelle surtout les premiers prophètes, particulièrement Élie. Le Sauveur Lui-même le compare précisément à Élie. Les historiens, eux, rattachent Jean et sa prédication aux esséniens, à la communauté de Qumrân, supposant qu'il a commencé son chemin spirituel précisément là, au bord de la mer Morte.

Et en effet, à première vue, il peut sembler que Jean prêche presque la même chose que les esséniens. Mais justement : « presque ». Tous les esséniens, y compris les membres de la communauté de Qumrân, étaient convaincus de leur élection. Ils étaient sûrs que le Messie ne viendrait que pour eux. Tout simplement parce que personne, sauf eux, n'avait su conserver la pureté spirituelle et rituelle nécessaire à la rencontre du Messie. Quant aux impurs, les esséniens ne les plaignaient pas : ils étaient de toute façon condamnés, et il n'avait pas de sens de les sauver, sans parler du fait que c'était impossible. On ne pouvait être sauvé que dans une communauté semblable à celle de Qumrân ; tous les autres étaient condamnés. Le Messie viendrait pour faire sortir les siens de ce monde enfoncé dans le mal. Les autres étaient condamnés : le même Messie brûlerait le monde avec tous ses péchés et son impureté dans un incendie cosmique. Ceux qu'Il n'emporterait pas avec Lui périraient. Jean, lui, parle de la conversion qui ouvre aux pénitents le chemin du Royaume. Oui, les hommes ont de quoi se purifier, et la purification sera dure, de feu, il ne sera pas simple de la traverser. Et pourtant, le chemin vers le Royaume du Messie n'est fermé à personne.

Il y a cependant des exceptions : les pharisiens et les sadducéens, que Jean appelle directement « engeance de vipères ». Et il ne s'agit pas du fait que les uns, les pharisiens, étaient les chefs spirituels de l'establishment religieux, tandis que les autres, les sadducéens, étaient liés au sacerdoce et peut-être même aux sommets du Temple. Il s'agit du fait que ni les uns ni les autres ne ressentaient aucun besoin ni de repentir, ni de purification, ni de nouvelle conversion.

Ils étaient prêts à accomplir une ablution de purification supplémentaire, puisque ce mystérieux prophète nouvellement apparu y insistait. Après tout, il pouvait réellement être un homme de Dieu, et une ablution de plus ne ferait en tout cas pas de mal. Mais au fond de leur âme, ils étaient sûrs d'être déjà prêts à rencontrer le Messie, déjà purs du péché et justes. C'est cela, et rien d'autre, qui les séparait du Christ venant dans le monde et de Son Royaume. Et aucune ablution en elle-même ne pouvait les aider : car le Christ a besoin de notre cœur, non de nos ablutions.