RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour He 6:16

En réfléchissant aux serments prêtés par les hommes, l'auteur de l'épître dit: si l'homme peut jurer par quelque chose, ce doit être en tout cas par quelque chose de plus élevé, par quelque chose qui représente pour lui une importance et une valeur absolues. Ce n'est pas par hasard que la forme suprême du serment en Israël était considérée comme le serment par le nom de Dieu.

Or le Sauveur appelle ses disciples et ses fidèles à ne pas jurer du tout: car ce qui est absolument important et précieux pour l'homme ne lui appartient pas, il ne peut pas en disposer, pas plus qu'il ne peut disposer de lui-même. Tout homme est au pouvoir de Dieu, et c'est pourquoi il ne peut donner à personne aucune garantie concernant son propre avenir. Sur ce fond, l'affirmation de l'auteur de l'épître selon laquelle Dieu jure par lui-même parce qu'il ne peut jurer par rien ni personne de plus élevé paraît paradoxale. Mais si l'on y réfléchit, on comprend qu'il s'agit ici de l'un des principes les plus importants de la vie spirituelle en général et de la vie chrétienne en particulier. En effet, qu'est-ce qu'un serment? En jurant par quelqu'un ou par quelque chose, l'homme cherche en quelque sorte un garant qui pourra assurer l'accomplissement de la promesse qu'il a faite.

Celui ou ce que l'on appelle à témoin, car le serment suppose habituellement un tel appel, est censé devenir le garant de l'accomplissement de la promesse. Il est parfaitement clair que si c'est Dieu qui fait une promesse, personne ni rien ne peut en garantir l'accomplissement, sinon Dieu lui-même. Cela paraît tout à fait évident, et l'on ne comprend pas très bien pourquoi l'auteur de l'épître a soudain décidé d'aborder le thème du serment. Pourtant, de nombreux problèmes des chrétiens de cette époque étaient précisément liés à l'oubli du principe essentiel de la vie spirituelle qui vient d'être mentionné.

Beaucoup d'entre eux étaient sans doute portés à voir dans les événements d'alors une sorte de garantie du retour prochain du Messie. Il avait promis qu'après la destruction de Jérusalem et du Temple il reviendrait; donc il devait revenir, puisque c'est justement en 70 que s'est produit ce dont il avait parlé. En réalité, son retour n'est conditionné par aucun événement historique; au contraire, c'est lui-même qui les détermine et, dans une certaine mesure, les conditionne comme point d'achèvement du processus historique. Aucun événement ne pouvait donc être considéré comme «forçant» le retour du Messie. C'est ce fait évident que l'auteur de l'épître rappelle à ses lecteurs.