RÉFLEXIONS pour Jn 3:19
La peur d'être condamné au dernier jugement, que l'on a justement coutume d'appeler «terrible», est familière à tout homme. Pourtant, nous avons l'habitude de percevoir ce jugement comme un procès juridique où nos actes sont examinés et où le Seigneur prononce une décision qui nous vient ainsi comme de l'extérieur. Dans une telle vision du monde, nos actes sont liés à notre sort après la mort, mais d'une manière médiate. Mais les paroles de Jésus nous montrent une image tout autre.
Le Seigneur est immuable dans son amour pour nous; en lui il n'y a ni mal ni désir de condamner l'humanité. Un peu plus haut, dans l'entretien de Jésus avec Nicodème, nous voyons l'annonce de la distance jusqu'où il est prêt à aller dans son amour pour les hommes: jusqu'au supplice et à la souffrance de la croix. Mais à la lumière de son sacrifice, notre petitesse, la souffrance que nous causons aux autres, notre méchanceté deviennent si clairement visibles qu'il y a vraiment de quoi avoir peur, qu'on a envie de se retirer dans l'ombre, de devenir invisible. Ainsi, fuyant son amour qui éclaire tout, nous nous accrochons instinctivement à nos ténèbres humaines, et nous devenons nous-mêmes notre propre condamnation.
Il est étonnant que Jésus dise cela non devant une grande foule, mais dans une conversation nocturne avec un seul disciple, et encore un disciple secret: Nicodème. Sans doute parce que ses paroles s'adressent à chacun de nous personnellement. Car par sa venue sur la terre, le Seigneur ne change pas seulement notre représentation du monde; il appelle aussi chacun de nous à la transformation du coeur et du chemin de notre vie, il nous appelle à faire un choix entre la lumière et les ténèbres.
