RÉFLEXIONS pour Jon 1:11-12
Le livre de Jonas est unique en son genre. Unique pas parce qu’il, comme supposent certains érudits bibliques, était écrit lorsque Ninive était déjà en ruine: les anachronismes sont trouvés et dans d'autres livres bibliques. La mention de Ninive comme le centre du mal mondial, témoigne si pas directement, alors indirectement de l’après de captivité de l'origine du livre : notamment à cette époque Ninive était le symbole de l'opposition de l’homme à Dieu. Après un tel symbole deviendra Babylone.
L'originalité du livre est ailleurs : ce n’est pas un recueil des sermons prophétiques, comme le sont les autres livres prophétiques, mais le livre parlant du prophète, de comment il est difficile de suivre la volonté de Dieu même celui qui, semblerait-il a déjà fait son choix. Jonas connaît parfaitement, ce que Dieu veut de lui: il entendait Sa voix très clairement. Le problème n’est pas dans la surdité spirituelle, mais dans la mauvaise volonté de partir là, où, comme est sûr Jonas, rien de bon ne l'attend. Jonas lui-même propose de se jeter à la mer au moment critique et cela prouve seulement qu'il comprend parfaitement : ce qui se passe n'est pas un hasard, c'est la main de Dieu, de laquelle on ne peut fuir. Tellement il ne veut pas aller à Ninive qu'il jusqu'au dernier éprouve la fermeté de Sa main. Il dit : jetez-moi à la mer. Se trouver dans la tempête de la mer, que ce soit même sur la planche ou sur le radeau, c’est une mort certaine. On peut se sauver dans une telle situation, que si Dieu intervient directement dans la situation.
Jonas provoque en quelque sorte Dieu à une telle intervention. Il lui montre : si Tu ne veux pas me libérer de l'affaire confiée, voici, je me jette à la mer, et, si Tu as besoin de moi, Tu ne me laisseras pas me noyer et me livrera là, où Tu voudras. On ne peut dire directement ce qui est plus important ici: l'appel, la confiance ou l'un et l'autre simultanément. Une seule chose est claire : un tel acte suppose des relations solides et assez de confiance avec Dieu, qui malgré la confiance, peuvent parfois être très ambiguës.
Tout comme entre les gens proches, tout peut arriver: les brouilles, l'obstination, le manque de compréhension. Mais, et tout comme entre les gens, tout cela ne supprime pas le fait de la proximité et confiance. En fin de compte le Dieu livre tout de même Son serviteur à la place. Cependant d’une manière très inhabituelle et même fabuleuse: dans le ventre d'un gigantesque animal de mer (dans la traduction on l’appelle parfois la baleine, parfois le poisson, mais dans l'original il s'agit d’un monstre de la mer). Le prophète fait tout de même ce que Dieu lui confie.
