RÉFLEXIONS pour Sg 2:12-22
Un prêtre disait un jour : « J’ai connu un saint. Il était impossible de vivre à côté de lui. » La lecture de l’Ancien Testament proposée aujourd’hui illustre parfaitement la part de vérité contenue dans cette plaisanterie. Le juste agace les gens normaux par le seul fait qu’il n’est pas comme tout le monde. Son existence même—et pas seulement ses paroles—est un reproche. Il est absolument incompréhensible qu’un tel homme puisse exister, car sa conduite contredit toutes les lois des relations humaines connues de la science, comme celle selon laquelle « l’homme est un loup pour l’homme ». Ceux qui l’entourent éprouvent donc un désir simple et compréhensible : mener une expérience, faire entrer ce juste dans le cadre des lois mentionnées plus haut et voir ce qui en résultera. Se convaincra-t-il de l’absurdité totale de sa justice, ou non ? Si la justice d’un homme est « l’art pour l’art », la justice pour la justice, l’expérience réussit généralement. Mais si cet homme ne se donne pas pour objectif d’être juste et vit simplement dans l’amour de Dieu, le monde n’a plus aucun pouvoir sur lui, car cet amour même est la récompense du juste, et personne ni rien ne peut la lui enlever.
