RÉFLEXIONS pour Ez 37:14 — le 28 août 2021

RÉFLEXIONS pour Ez 37:14

La vision d'Ézéchiel sur le renouvellement spirituel du peuple de Dieu inspirait bien sûr l'espérance aux coeurs de ceux à qui elle était destinée: les habitants déportés de Jérusalem. Rien d'étonnant à ce qu'elle ait ensuite été relue dans le contexte de la révélation du Nouveau Testament et soit devenue un symbole de la résurrection universelle. Il n'est pas étonnant non plus que, quelques siècles plus tard, autour de ce texte et d'autres semblables se soit développée toute une théologie liée à l'enseignement sur l'Esprit Saint. Mais il importe de garder à l'esprit que toutes ces conceptions théologiques appartiennent à une époque tout à fait différente et, dans une certaine mesure, à une autre tradition. Le prophète, lui, parle du souffle de Dieu qui rend la vie aux ossements morts, faisant d'eux non simplement un peuple, mais le peuple de Dieu. Nous sommes ici devant la représentation prophétique ou, plus largement, biblique de ce qu'est la vie, qu'il s'agisse de la vie d'un homme particulier ou de tout un peuple, qui se présentait lui aussi devant Dieu comme une certaine totalité spirituelle. On le voit, la vie apparaît ici comme un processus non naturel, non biologique, mais pleinement spirituel, du moins lorsqu'il s'agit de l'homme. Rien d'étonnant: dès la création, Dieu « insuffle » à l'homme « dans les narines », le texte hébreu dit bien cela, le souffle de vie qui le rend vivant. Dans la vision d'Ézéchiel, Il fait la même chose avec tout un peuple. On voit donc que la mesure de la vie, ou plus exactement de la « vitalité », tant des personnes particulières que des peuples entiers, est déterminée par la mesure de plénitude du souffle de Dieu. Cette mesure peut varier depuis celle qui appartient au Royaume, et ici le parallèle avec la résurrection universelle est pleinement justifié, car la résurrection à la vie suppose l'entrée dans le Royaume, jusqu'au minimum propre au shéol, où il ne reste de la vie que son ombre pâle. Et seule la relation de l'homme avec Dieu détermine la plénitude et l'intensité de sa vie. Il en va de même du peuple de Dieu dans son ensemble: au moment du début de l'exil, il était spirituellement un tas d'ossements, et cela s'est manifesté de façon correspondante dans son destin historique. Lorsque la vie spirituelle du peuple retrouva sa plénitude, son retour sur la terre des pères devint possible. Mais ce retour fut précédé d'un autre: le retour à la plénitude de la communion avec Dieu, qui eut lieu alors même que le peuple vivait à Babylone. Sans lui, le retour en Judée aurait été dépourvu de sens et, sans doute, tout simplement impossible.