RÉFLEXIONS pour Lc 3:17 — le 17 juillet 2021

RÉFLEXIONS pour Lc 3:17

Aux temps évangéliques, la venue du Messie était associée, pour la plupart de ceux qui L'attendaient, au jour du jugement de Dieu. Rien d'étonnant: le Messie devait établir sur la terre son Royaume, et tout le monde ne pouvait pas entrer dans ce Royaume, mais seulement le juste. Ainsi, le jour de la venue du Messie et de l'avènement du Royaume messianique devait, par définition, être aussi le jour du Jugement. Certes, ce Jugement était compris de différentes manières, si bien que l'on trouve dans la religiosité populaire de nombreuses images qui le décrivent.

Jean utilise l'une de ces images dans sa prédication. Elle repose sur le tableau d'une séparation de l'humanité, séparation décrite symboliquement comme le vannage du blé au moment de la moisson. C'est une image à laquelle le Sauveur Lui-même a eu recours plus d'une fois durant son ministère terrestre; elle s'est révélée très heureuse pour décrire ce qui arrivera au jour du triomphe du Royaume et du Jugement final. Il s'agit de la séparation entre les justes et les pécheurs. Mais il ne s'agit pas seulement d'une séparation; il s'agit plutôt d'une sorte de vérification, d'une épreuve de conformité.

Le grain d'un côté, la balle de l'autre, cela se comprend. Mais le grain diffère qualitativement de la balle: leur poids est différent, et il l'est parce que le grain est plein, tandis que la balle est vide, simple enveloppe creuse. C'est là que passe la principale différence entre ceux qui entrent dans le Royaume et ceux qui restent dehors. Toute la question est de savoir avec quoi l'homme arrive au seuil du Royaume. Est-il plein ou vide? Et cela dépend à son tour du chemin parcouru. Car la justice est avant tout liée à cette présence de Dieu sans laquelle elle ne peut tout simplement pas exister. C'est elle, cette présence, qui remplit l'homme. Qui fait de lui un grain. Mais s'il n'y a rien de tel, si l'homme traverse la vie sans chercher aucune présence de Dieu ou sans penser à Dieu, il n'aura rien pour être rempli. Alors, à la fin du chemin, au seuil du Royaume, il se trouvera vide. Ce n'est pas Dieu qui juge et chasse l'homme de ce seuil. On pourrait dire que l'homme se juge lui-même. Ou, plus exactement, c'est le chemin qu'il a parcouru qui devient pour lui jugement. Parcouru avec Dieu ou sans Lui.