RÉFLEXIONS pour Jn 14:27
Parlant de la paix qui n’est pas de ce monde, Jésus appelle Ses disciples à ne pas avoir peur. Il s’agit, bien sûr, de la paix au sens où ce mot est employé dans le yahvisme et le judaïsme, et comme il le sera ensuite aussi par les chrétiens : la paix comme présence de Dieu, ou plus exactement comme l’action de la présence de Dieu sur la nature humaine, qui provoque en l’homme un sentiment de paix intérieure et de repos. Mais l’essentiel n’est pas dans les sentiments, il est dans la Présence elle-même. Elle était bien sûr connue de ceux qui cherchaient Dieu avant la venue du Christ, surtout des yahvistes, car Dieu n’a jamais abandonné Son peuple.
Mais être entièrement délivré de la peur, cela n’était jamais arrivé. Même ceux qui semblaient fermement établis sur le chemin de la justice éprouvaient la peur. On le comprend : la justice n’est pas propre à l’homme par nature. Elle n’est ni une propriété ni une qualité de l’homme déchu ; elle est seulement un état dans lequel on peut demeurer, mais qu’il est facile de perdre. Au fond, l’homme déchu est juste en dépit de sa nature. Et il doit en tout cas résister au mal et au péché qu’il porte en lui. Cela signifie que les peurs peuvent trouver place même dans la vie du juste. Tant que la nature humaine ne sera pas transfigurée pleinement et jusqu’au bout, il est impossible d’en être définitivement délivré.
On peut seulement faire en sorte qu’elles ne déterminent pas le cours de la vie spirituelle et de la vie en général. Mais avec la venue du Christ, la situation a changé : avec Lui, le Royaume est entré dans le monde. Et donc aussi la possibilité de cette transfiguration complète et définitive de la nature humaine. Et, par conséquent, la délivrance de toutes les peurs liées à la chute, y compris la peur de la mort et la peur de ce que les hommes appellent surnaturel, les deux grandes peurs de l’homme moderne. Dans le Royaume, il n’y a pas de peurs, et c’est précisément là que Jésus appelle Ses disciples. À Sa suite.
